A PROPOS

Je suis de gauche depuis l'enfance.Je suis membre de la CFDT depuis 2008.


dimanche, février 10, 2019

Des convergences à gauche. Utiles, nécessaires, indispensables.

Récapitulatif des événements récents de la gauche, autour de l'idée d'unité:

Acte 1:
25 Août 2018, à Marseille, pour les journées d'été de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à Marseille avoue que son Plan B, symbole de Frexit et de Frexeuro n'est pas opérant et que sortir tout de go de l'Union Européenne serait une folie. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas pour une sortie, une révision très poussée des Traités qui veulent ceinturer avec une vision de droite libérale la moindre politique. Ainsi, appliquer la politique de la Chaise vide du Général De Gaulle
(qui peut fonctionner pour un grand pays clé de l'UE, mais malheureusement pas pour un petit Etat comme Malte ou Chypre, terrible constat de la Realpolitik)
Vous savez la fameuse "Règle d'Or" qui veut centriser et droitiser la politique en Europe, parce que ce serait la "Raison". Qui disait déjà qu'être contre le libre-échange, c'était "être pour le Mal"? Ah oui, un membre de la Commission Européenne.

Acte 2:
6 novembre 2018, Raphaël Glucksmann,  Thomas Porcher et Claire Nouvian créent le mouvement "Place Publique", suite à un premier appel en août 2018 puis en octobre 2018 et souhaitent rassembler toute la Gauche sauf la France Insoumise dans une liste unique pour les Européennes car il estime sur le fond, que le clivage populiste de gauche n'est pas opérant.

Acte 3:
24 novembre 2018, Olivier Faure, après une rupture fracassante et inutile avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, se rend compte que le PS est seul et que la gauche va à la catastrophe, dans On N'est Pas Couché, il en appelle à une démarche commune pour les élections européennes entre le PS, le PC, Générations et EELV, à l'époque en attendant et en proposant la candidature de Ségolène Royal. Il met à part, alors, la France Insoumise mais n'exclut pas le dialogue avec cette formation, pour plus tard, constatant de trop forts désaccords au sujet de l'Europe.

Acte 4: 
27 Novembre 2018. Jean-Luc Mélenchon met à l'écart, après une forte pression du courant gauche/communiste/néo-communiste de la France Insoumise Djordje Kuzmanovic qui pensait que le nationalisme de la gauche d'Europe de l'Est, pouvait venir en Europe de l'ouest et nourrir le débat idéologique, qui en tire les conséquences et quitte le Mouvement.Jean-Luc Mélenchon s'étant probablement souvenu des mots éternels de François Mitterrand "Le nationalisme, c'est la guerre."

Acte 5:
28 janvier 2019
Place Publique, voyant que la question n'avance pas, lance dans un meeting à Toulouse, "10 Combats communs": écologie prioritaire, suspension de tous les traités européens-bilatéraux de libre-échange dont le CETA, société respectueuse du vivant, rendre le pouvoir aux citoyens et aux parlements, contre les GAFAM et les paradis fiscaux, contre l'Europe lobbyiste de la finance, solidarité européenne envers les migrants, ISF européen, service civique européen de la jeunesse et contre les grandes coalitions avec la droite.
De quoi satisfaire les cinq parties prenantes des Européennes à gauche (FI-GRS, PS, Générations, PC, EELV). Olivier Faure reprendra le premier ce message.

Acte 6:
8 février 2019
Benoît Hamon, se rendant compte que sa stratégie soliste, ne suffit pas soit à être une évidence incontournable, soit à unifier autour de son mouvement Générations, lance sur France Inter, la proposition de la Votation Citoyenne (concertation fin février, vote en mars 2019) qui n'est pas une primaire mais un vote préférentiel, prenant en compte tout le monde de la FI jusqu'au PS et permettant d'arbitrer autour de l'union et autour de la ligne européenne à suivre.

...

La situation d'aujourd'hui , quelle est-elle? 
En lice, il y a cinq pôles qui souhaitent présenter, chacun, une liste et les estimations montrent que les scores possibles pour le 26 mai vont de 3% à 8% , désormais pour les listes de gauche, alors qu'en septembre, la France Insoumise était créditée de 14%, EELV de 9% . Certes, nous serons d'accord, les jeux ne seront faits que le dimanche 26 mai au soir, toutefois, force est de constater qu'il n'y a pas une envie énorme, une poussée de la gauche actuellement en France et que le débat est polarisé entre le centre-droite et l'extrême-droite. La gauche ne se remet toujours pas de sa défaite le 23 avril 2017 quand les insoumis et communistes ont certes réalisé une "Bayrou" avec plus de 19%, en 4e position, mais sans savoir que faire de cela= c'était le maximum d'un pôle néocommuniste et populiste de gauche indépendant du reste de la gauche. Sans parler des 6,3% de la gauche non FI (socialistes, écologistes et radicaux) qui ont clos le Quinquennat catastrophique.
A partir de là, l'intelligence collective aurait voulu que les deux pôles communiquent ensemble, mettent à plat leurs divergences, quitte à passer du temps sur le constat commun et un Inventaire pan-gauche et en organisant plusieurs sessions des Etats Généraux de la Gauche. Cet outil lancé par Michel Rocard en 1993, après une claque monumentale du PS aux Législatives (claque, comme en 2017, attendue de manière résignée) est le bon outil pour remettre les choses en ordre.
Il est vrai qu'à l'époque, l'Union apparaissait comme davantage "nécessaire" que les pôles politiques ne le pensent aujourd'hui. Du moins, les dirigeants et une portion de militants, car bon nombre d'électeurs non encartés et même une bonne partie des militants des 7 partis de la gauche (Radicaux de Gauche, PS, EELV, Générations, PC, GRS et FI) estiment à raison que seule l'unité, l'union permettra de dépasser cette entre-ouverture sur le Styx. Il va de soi que la ligne politique est bien différente parmi le PS, Générations, le PC ou la France Insoumise par exemple.
Objectivement les quatre partis qui se ressemblent le plus sont Générations, le PC, la GRS et EELV et si on dépasse la question stratégique (qui a son importance), on remarque que:
-les 4 partis ne veulent plus du PSE (Parti Socialiste Européen)
-les 4 partis veulent sortir des traités
-les 4 partis veulent la fin des traités de libre-échange UE/bilatéraux
-les 4 partis veulent donner une priorité à l'investissement, au social et à l'écologie
-les 4 refusent les coalitions avec la droite
-les 4 partis ont la position qu'il faut accueillir en urgence les réfugiés et autre migrants
-les 4 partis veulent que les parlements nationaux, ainsi que le Parlement européen aient plus de pouvoirs face à une Commission qui ne pourrait plus imposer une ligne libérale
-les 4 refusent les 3% austéritaires (maximum de déficit d'un budget national équivalent à 3% du PIB).
En réalité, on peut même parler de coeur de la gauche, le PS d'Olivier Faure s'accrochant encore au PSE, le PC mettant égal à égal l'industrie/le nucléaire face à l'économie écologique et la France Insoumise ne voulant pas , du moins, son dirigeant , Jean-Luc Mélenchon et une partie de la direction, abandonner la ligne populiste et la possibilité malgré tout d'un Plan B "Quitte ou Double".

Ces 3 positions sont donc idéologiquement et politiquement les trois freins à l'union: 
-le départ du PS du PSE (à cause de la droitisation du SPD allemand, actuellement en coalition avec la CDU d'A.Merkel et étant sur une ligne économique libérale)
-la priorité de l'écologisation des process économiques et énergétiques, car le PC défend et estime que ce sont des emplois et trouve qu'il n'y a pas encore d'alternatives à l'énergie nucléaire (sur ce point précis, il est vrai que les alternatives de masse et sur un grand territoire national sont balbutiantes)
-la fin d'une position de rupture à la dynamite en préférant une ligne action de choc à la Bakounine en mettant en exergue une révolution permanente , que ce soit sur la notion de Chantal Mouffe sur Peuple vs Elites ou bien Frexit/Frexeuro vs Europe du statu quo.

Pourquoi ces 3 positions sont à dépasser et à abandonner? La clarification du clivage gauche-droite doit traverser tous les partis et tous les groupements de partis européens, or le SPD a un positionnement de centre-droite, donc de droite alors que les électeurs de l'Europe entière, quand ils ont des positions de gauche revendiquent un protectionnisme solidaire et une Europe-providence; la question écologique est désormais plus qu'une urgence, et quand bien même il faut réindustrialiser, cela doit passer par des process vraiment verts et pas "green-washés" (illusion trompeuse de faire "vert"), cela veut dire que l'Europe et les Etats ont leur rôle à jouer dans l'élaboration d'un Traité européen de l'énergie, quitte à refaire un processus type CECA et dans le financement à haut niveau de la recherche non-carbonée et non-atomique (par exemple, l'hydrogène) et enfin établir que la priorité des partis puis des gouvernements de gauche arrivant au pouvoir est la sortie des traités actuels (car rappelant à chaque fois les passages libéraux de Rome, Maastricht, Barcelone et du TSCG) , quitte à faire la politique de la Chaise vide, comme le Général De Gaulle l'a fait mais aussi toujours en ayant en tête la logique proactive de lancer un Forum européen sur l'Economie et une UE alternatives, remettre sur le tapis à chaque fois la discussion en Conseil européen, lancer des consultations auprès des peuples en Europe (= quand les peuples disent quelque chose en référendum, cela compte, même si Sarkozy a osé contourner le Non au TCE de 2005 en faisant voter Lisbonne au Parlement; il n'en demeure pas moins que ce sont bien les mentalités des dirigeants politiques qui importent que ce soit :
-dans une logique technocratique et autoritaire ("on est là pour "dire le droit" et nos concitoyens n'ont rien à redire"): Sarkozy, Barroso, Juncker, Schäuble, Merkel, ...
-dans une logique du laisser-faire: Hollande,...
-dans une logique de volontarisme politique pour une Europe alternative et solidaire: Tsipras, Varoufakis, Magnette, Montebourg, Costa, Sanchez, Corbyn,... et au-delà de l'Europe: Sanders, Ocasio-Cortez, Mujica, Gillard, ... )

Donc je reviens à ma marotte, mais TARA (There Are Real Alternatives) est bien présente en opposition à TINA (There Is No Alternative). Les convergences sont possibles autour des 10 points de Place Publique, autour des 7 points communs que j'ai soulignés entre le PC, la GRS, EELV et Générations et en ayant bien conscience que les 3 points de blocage sont à prendre en compte afin d'aller sur une position centrale (donc en abandonnant ces 3 positions).
C'est ainsi que je juge très positif , 
le discours sur l'Inventaire d'Olivier Faure du 28 janvier 2019,
qui a enfin dépassé la volonté de ne pas déplaire aux lefolliens et hollandais aile-droite du PS,
mais aussi saluons la naissance le 2 et 3 février derniers à Valence de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS),
qui apporte ce plus au débat, reprenant les idées d'Arnaud Montebourg, du protectionnisme solidaire et servant d'aiguillon socialiste marxiste (Lutte des classes, clivage gauche-droite) à la France Insoumise qui en a bien besoin
et enfin la proposition de Benoît Hamon du 8 février 2019, de "Votation citoyenne".

Ce qui reste à faire est qu'Olivier Faure continue la gauchisation du Parti Socialiste et que les lefolliens éclaircissent leur positionnement, soit en acceptant cela, soit en partant fonder un parti "constructif" de centre-gauche, ouvert au dialogue au centre-droite. On aura bien compris que la clarification à gauche passe par une mise de côté de la stratégie et la logique de centre-gauche qui n'est plus assez claire vis-à-vis de la réaffirmation du clivage gauche-droite que souhaite le peuple de gauche. Le PRG et les lefolliens ne sont plus majoritaires à gauche (car ceux et celles , en bonne partie, qui pouvaient soutenir cette ligne, sont partis au centre-droite chez LREM et ne reviendront pas), c'est l'abandon progressif de la stratégie populiste de la part de France Insoumise et c'est l'acceptation par l'entièreté de la gauche de la logique de Transition écologique. Les Radicaux de Gauche (RDG), ce dimanche 10 février 2019, viennent d'ailleurs d'annoncer leur participation à la "Votation citoyenne".
On voit bien que seule une Confédération de la gauche, avec les étapes de convergences de la ligne, de lancement d'Etats Généraux de la Gauche assurera le retour sur le champ de bataille de la Bataille culturelle sociale, solidaire et égalitaire en France d'abord et espérons en Europe et au-delà! 



vendredi, janvier 04, 2019

La Lorraine et les Lorrain-e-s, une Nation et un pays qui s'ignorent

Ce matin, sur Facebook, je regardais les publications et je suis tombé sur cela: https://www.facebook.com/RegionsetPeuplesSolidaires/photos/a.1697677736911921/2437247999621554/?type=3&theater ,
une publication de bonne année du Parti confédéral européen, confédération de différents partis autonomistes, Régions et Peuples Solidaires, allié aux Verts au Parlement européen.

Ma première réaction fut le contentement et une certaines satisfaction de voir ces messages en différentes langues de France, le fait que je respecte et que j'apprécie les travaux de ce parti confédéral qui agit pour une meilleure reconnaissance des langues minorisées, pour faire avancer l'idée d'autonomie. Ce qui en tant que fédéraliste pour la France (et pour l'Europe) me correspond assez.
Je précise que le fédéralisme est une manière d'aborder la décentralisation et la régionalisation que je trouve importante, car cela permettra , dans le cadre de notre culture nationale et politique française, d'avoir des vraies régions fortes dans un Etat et une République girondines et je pense que l'autonomie doit d'adresser à tous les territoires et pas spécifiquement aux territoires à particularismes régionaux ( que les autonomismes estiment être des Nations politiques), c'est en cela que je parle de fédéralisme et non pas d'autonomie.

J'avais écris un article à ce sujet en 2016 où je mettais en point de mire les points communs et les différences entre l'approche fédéraliste et l'approche autonomiste: Ma réponse à Roccu Garoby, Président de l'Alliance Libre Européenne Jeune sur « Pourquoi la France n'est ni "une" ni "indivisible" » .

Puis j'ai eu une deuxième réaction quand j'ai vu, plus précisément, le fait qu'il y avait un message de bonne année en luxembourgeois, pour mentionner la Moselle.
-La Moselle, département français de l'ancienne région Lorraine, aujourd'hui faisant partie du Grand Est, compte en effet plusieurs langues autochtones et régionales (en plus du français), au nombre de cinq: le luxembourgeois (région du Thionvillois et du Sierckois, soit en Moselle-Ouest), 
le franconien mosellan (de la région de la Nied, soit en Centre-Moselle), 
le franconien rhénan (en Sarre lorraine: région de Sarrebourg-Sarreguemines-Forbach-Bitche, soit en Moselle-Est), 
l'alsacien à Dabo et bien-sûr le  lorrain roman au sud du département.-
Celle qui m'a fait penser que la Moselle n'est pas "une région" à part ou bien encore qui n'est pas dans "l'Alsace-Moselle" mais bien en Lorraine.

Il existe en effet deux approches de la question mosellane:
-soit estimer qu'elle fait partie de la Lorraine, ce qui est la pensée majoritaire des Mosellans et des autres Lorrains (il suffit de voir les nombreuses références économiques, entrepreneuriales, associatives, culturelles, touristiques à la Lorraine en Moselle et bien-sûr à Metz, qui je le rappelle était la capitale régionale de 1982 à 2015 et demeure toujours la préfecture référence en Lorraine en ce qu'il s'agit de l'organisation régionale grand-estienne (nom quelque peu barbare, s'il en est); le drapeau lorrain flotte, non par hasard à côté du drapeau messin, français et européen sur la façade de l'Hôtel de Ville à Metz) ;

-soit estimer que le passé récent de la Moselle comme composante de l'Alsace-Lorraine comme territoire de l'Allemagne (1871-1918) avec son héritage: droit local, communauté de destin, existence d'une culture germanique et germanophone ancestrale font que la Moselle devrait aller avec l'Alsace et former une région (et pourquoi pas autonome, d'Alsace-Moselle; position du parti autonomiste "Parti des Mosellans") [A noter que quand ils utilisent le vocable germanophone, le Parti des Mosellans se sert d' "Elsass-Lothringen", qui est le nom historique de ce qui fut un territoire autonome de 1911 à 1918 : on voit là, la contradiction, avec l'usage du vocable allemand de Lorraine (Lothringen) comme s'il y avait deux Lorraines, parce que deux domaines linguistiques] .

Ma position va vers celle de l'unité de la Lorraine. Pourquoi?
Ceci pour quatre raisons :
-historiquement la Lorraine est née de la scission du premier royaume de Lotharingie, dit de Lothaire (qui a d'ailleurs donné son nom à la Lorraine, étymologiquement; royaume de 843 à 855), redivisé dès 855 (Traité de Prüm), cédant le royaume de Bourgogne (correspondant à la Vallée du Rhône et aux provinces la jouxtant) pour finir "mangée" par la Francie et la Germanie en 870 au Traité de Meersen (donc sa partie septentrionale, allant de la Suisse aux Pays-Bas actuels) et la naissance officielle de la Lorraine se fait lors du partage de la Lotharingie entre Haute et Basse-Lotharingie en 959.
La Basse-Lotharingie correspond aux Pays-Bas et à la Belgique actuelle, sans peu ou prou la province du Luxembourg belge; la Haute-Lotharingie, c'est la Lorraine mais plus grande qu'actuellement puisqu'elle se composait de la Lorraine, de la Sarre allemande, du Luxembourg indépendant, de la province belge du Luxembourg et du pays de Coblence et Trèves;

-l'argument du morcellement de la Haute-Lotharingie au fil des siècles, ne crée immédiatement ou nécessairement de nouveaux pays, cela va être le cas du Grand-Duché du Luxembourg , mais que bien plus tard, comme le démontre l'historien luxembourgeois Michel Pauly, professeur à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) dans son ouvrage sous forme de précis, publié aux éditions de l'ULB (1ère édition en 2011, 2è édition en mai 2017) qui montre que jusqu'au Traité de Londres en 1839, que le Luxembourg aurait pu basculer du côté belge et à partir de là, ce nouvel Etat amputé de la province belge du Luxembourg (et qui n'a plus le Thionvillois, conquis par la France en 1659) a construit alors patiemment et indéfectiblement son identité.
Ceci est l'exception luxembourgeoise, car ni l'Etat de la Ville libre de Metz, ville d'Empire depuis 1180 (c'est-à-dire qui ne dépend plus juridiquement du Duc de Lorraine mais de l'Empereur directement lui-même, lui conférant une qualité d'Etat), ni l'Etat ecclésiastique des Princes-évêques de Trèves-Coblence ne vont imposer durablement leur identité, si ce n'est comme identité communale. Pour prendre l'exemple messin, nombreux des évêques de Metz, mais aussi de Verdun sont issus de la Famille Ducale de Lorraine. Metz se trouve donc économiquement, culturellement, historiquement en Lorraine et même à certains égards politiquement sous une relative influence ducale lorraine jusqu'à son annexion par la France en 1552 et quand la province française de Lorraine est formée en 1766, à la mort accidentelle du dernier duc de Lorraine, Stanislas Leszcynski, Metz, Verdun et Toul rejoignent alors la Province qui retrouve son unité.
La question du Duché de Bar (correspondant au sud-Meuse et au centre-Meurthe-et-Moselle, ainsi qu'un petit bout des Vosges, à Bleurville et Lamarche) est celle d'un duché non souverain d'apanage pour une branche cadette des Ducs de Lorraine, qui perd son autonomie en 1419.

-le fait que la situation de bilinguisme (parlers oïl/parlers germaniques) n'est pas juste un héritage ou une conséquence logique qui a amené les Prussiens à réclamer l'Alsace-Lorraine de 1871 à 1918, mais bel et bien l'héritage de l'Etat souverain bilingue de Lorraine, car ce qu'on appelait le Baillage d'Allemagne, correspondant à la partie germanophone et dialectophone du Duché souverain de Lorraine (Centre-Moselle et Est-Moselle actuels, de Boulay à Bitche) montrait que l'Etat lorrain avait intégré et accepté le bilinguisme officiel car la langue administrative pour ce Baillage était l'allemand à l'écrit et les franconiens mosellan et rhénan à l'oral.

-la Lorraine germanophone est très principalement franconienne (parlers moyens-allemands), tandis que l'Alsace est très principalement alémanique (parlers hauts-allemands), c'est une différence culturelle et régionale de taille, correspondant à la même différence qui existe en Bade alémanique et en Palatinat franconien, imagine t-on faire un Land Palatinat-Bade-Wurtemberg du fait de liens historiques qui sont réels? Non, il en va de même pour la Lorraine qui n'a pas tout à fait le même passé ni étatique, ni socio-culturel que celui de l'Alsace. Ainsi, quand on voit que le drapeau utilisé pour différencier la Moselle de l'Alsace sur la carté illustrée de Régions et Peuples Solidaires, est le drapeau du Reichsland autonome d'Alsace-Lorraine, à savoir le Rot un Wiss alsacien avec une Croix de Lorraine jaune en haut à gauche (ce qu'on appelle le canton en héraldique et en vexillologie), on voit immédiatement la contradiction. C'est avant tout le drapeau de l'Alsace et la référence à la Moselle passe par la Croix de Lorraine, symbole de la Lorraine unie, étant le symbole de Croisade du Duc de Lorraine (et reprise ensuite par la branche royale des Anjou en Hongrie, car il y a eu des mariages entre les deux familles, angevine et lorraine). La référence officielle de la "Lorraine" (c'est-à-dire la partie lorraine prise par l'Allemagne en 1871) demeure les trois merles lorrains blancs sur bande diagonale rouge allant de gauche à droite sur fond jaune dans les armoiries d'Alsace-Lorraine allemande. Le drapeau de la Moselle reste donc celui de la Lorraine et le drapeau armorié du département de Moselle (reprenant les différents fiefs historiques).

                                                                 
Cela veut donc dire que la Lorraine et les Lorrain-e-s sont une nation culturelle et historique, qui a même correspondu à un Etat de 959 à 1766 (contrairement à l'Alsace, ce qui ne l'a pas empêchée d'être dès l'origine, un pays différent), progressivement rogné et affaibli par les velléités seigneuriales ou des pouvoirs locaux (comtes de Luxembourg, ville d'Empire messine, cousins ducaux de Bar) mais surtout convoité dès 1552 par la France qui a dépecé progressivement cet Etat pour l'annexer totalement en 1766. Rappelons que la France de Louis XIII a envahi la Lorraine, de 1633 à 1641 puis sous la France de Louis XIV de 1670 à 1697. Qu'après on ait des souhaits pour elle d'autonomie ou pas, c'est un choix mais il est certain que si sortie du Grand-Est il y a, ce qui est à mon sens, préférable, cela se fera en tant que Lorraine à quatre départements.

Rappel vexillologique: 

Drapeau lorrain








Drapeau armorié de Moselle







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Drapeau (officieux) de l'Alsace-Lorraine autonome
(1911-1918)











samedi, décembre 08, 2018

Contribution du Parti Socialiste à l'Inventaire du Quinquennat de François Hollande (2012-2017) : "Un Quinquennat 2012-2017 gâché"


Voici la contribution du Parti Socialiste de la Loire au sujet de l'Inventaire du Quinquennat de François Hollande (2012-2017), dans le cadre du débat national du Parti Socialiste de novembre-décembre 2018, dans la suite des travaux de la Fondation Jean Jaurès, proche du Parti Socialiste, qui depuis juin de cette année, a travaillé sur ce thème (a auditionné François Hollande, lui-même) et a sorti un ouvrage d'analyses par un collectif dirigé par Gilles Finchelstein ( "Retour sur un Quinquennat anormal" ), directeur de la Fondation et que l'on peut commander en ligne: https://jean-jaures.org/nos-productions/inventaire-2012-2017-retour-sur-un-quinquennat-anormal
  
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Un Quinquennat 2012-2017 gâché

Contribution de la Fédération du Parti Socialiste de la Loire (Inventaire du quinquennat de François Hollande au Parti Socialiste, novembre-décembre 2018)


Propos introductif : Du quinquennat passé et du Parti Socialiste actuel

Le quinquennat de François Hollande (2012-2017) et les trois gouvernements, Jean-Marc Ayrault (mai 2012-mars 2014), Manuel Valls (mars 2014-décembre 2016) ont été, et c’est reconnu à l’unanimité générale, des chemins de croix. Le dernier primo-ministère, celui de Bernard Cazeneuve (décembre 2016-mai 2017), avec un leadership certain et des enjeux de gestion des affaires de l'Etat et de la sécurité publique, dans une France en état d'urgence a été plutôt correct.

Alors que la gauche rassemblée, autour des socialistes, radicaux de gauche, écologistes et avec une observation bienveillante des communistes et autres élus du Front de Gauche, avait tout pour pouvoir réussir, en termes de manettes : l'Assemblée, le Sénat, la quasi-totalité des régions, deux tiers des départements, la majorité des grandes villes étaient gérés par des exécutifs de gauche. Ces majorités de gauche plurielle n’ont pas trouvé de déclinaison dans la composition du gouvernement. Avoir réduit sa composition aux membres du PS, EELV et quelques personnalités était sans doute la première erreur de François Hollande.

Toutefois, il faut bien l'avouer la question du leadership de François Hollande mais aussi de Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et il faut l'ajouter, car il a en bonne partie piloté la politique économique voulue par l'Elysée, le conseiller Emmanuel Macron devenu ministre de l'Economie en août 2014 fait partie des raisons de l'échec du quinquennat. Les règles de la V° République, véritable monarchie républicaine contribue à renforcer cette faiblesse de nos dirigeants politique par la concentration des pouvoirs alors qu’un plus juste équilibre pourrait partager les bons… et les moins bons résultats économiques et sociaux.

Le texte de la Fondation Jean Jaurès insiste davantage sur la forme, mais il s'agit bien également de juger le fond du Quinquennat. Comme le disait Victor Hugo « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Il serait injuste de ne pas aborder le rôle qu'a eu le Parti Socialiste durant cet exercice du pouvoir.
Force est de constater que le Parti Socialiste au national n'a pas joué le rôle qu'il aurait dû avoir comme force de gauche, c'est-à-dire, le camp politique qui sait être critique vis-à-vis de sa propre pratique, sait normalement se remettre en cause car , contrairement à la droite , l'exercice du pouvoir n'est perçu à gauche comme devant être hiératique. Incapable de peser dans les choix présidentielles et les décisions gouvernementales, nous gardons en mémoire la résolution du Bureau national au lendemain du congrès de Poitiers, qui réclamait plus de justice sociale a reçu une fin de non-recevoir du pouvoir central. A la place, et nous y reviendrons, le quinquennat s’est terminé par la déchéance de nationalité et la loi El-Khomri. Que dire également de toutes ces vœux, résolutions, motions émanant des sections et des fédérations et qui n’ont jamais trouvé réponse ? Lorsque l’on méprise à ce point ces militants, il ne faut pas s’étonner des départs massifs et de la méfiance dans ses propres rangs.

Le PS n'a pas tiré la leçon des années Mitterrand est n'a pas su et pas voulu (de même que François Hollande) agir dans un contrat concerté de cogestion entre l'Assemblée Nationale et l'exécutif, comme sous Lionel Jospin (1997-2002).

I)Des points positifs, trop rares, même s’ils sont à saluer

Les points qui nous permettent de garder notre fierté de socialistes partisans, nous les enfants et héritiers de Jean Jaurès, existent. Ils sont au nombre de six. Il s'agit en premier lieu du :
- Mariage pour tous, certainement la plus grande réussite de ce quinquennat et c'est ce à quoi on pense en premier. Cette promesse longtemps tenue, parfois vue comme une « patate chaude » par certain-e-s au Parti Socialiste a été tenue. Enfin, cela a marqué l'égalité et le sentiment de honte ou de ne pas suffisamment oser s'affirmer pour une partie des personnes LGBT+ a été balayé, par l'incroyable travail de nos députés dont le rapporteur Erwann Binet et bien-sûr l'incomparable aura charismatique de Christiane Taubira (qui a fait par ailleurs un gros travail concernant la Justice). Il est dommage cependant que le débat ait duré si longtemps, cela a malheureusement permis à la « Manif pour tous » de s'organiser et cette grande avancée devait aussi comprendre, promesse que nous n'avons pas tenue, la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour tous, y compris les couples de femmes lesbiennes.

-En deuxième lieu, la globalité de la Réforme Peillon sur l’école a assuré enfin des moyens, à nouveau à cette institution fondatrice du lien républicain, national et éponge (trop frêle, vu l’état de l’école depuis une quinzaine d’années) des inégalités. Cela a été l'occasion de pouvoir redonner des postes de professeurs, surveillants, CPE, infirmières scolaires à l'Education Nationale pour le bien des élèves ; de même que l'injustice faite par le ministre Darcos et l'ancien Président Sarkozy de supprimer la Formation des Maîtres et l'IUFM a été levée avec la création des ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education). Cela aurait été étrange, que le professorat soit le seul métier qui ne mérite pas de formation !

-La 3e mesure d'importance est bien-sûr la COP 21, qui a lieu en décembre 2015, mise en ordre essentielle pour la « Bataille pour l’Organisation de la Planète » chère à Michel Rocard, un précurseur en la matière ; COP 21 qui se couple à la Loi de Transition énergétique, effort français plus que nécessaire pour l’écologie (même s’il demeure à être mis en œuvre aujourd’hui, tâche ardue avec un Gouvernement qui n’a cure de l’écologie) et il ne pouvait en être autrement , en ce qui concerne le pays organisateur de l’événement international, correspondant à un véritable 3e Sommet de la Terre (après Rio 1992 et Kyoto 1997).

-La 4e mesure réside dans le Tiers-Payant généralisé, mesure de la ministre Marisol Touraine, en 2015.

-Les 5e et 6e mesures sont similaires, puisqu'il s'agit de la création de deux socio-professionnels : le Compte de pénibilité, qui se trouve être la contre-partie à l'effort demandé lors de la Réforme Ayrault des retraites en 2013 et par la création du Compte Personnel d'Activité négocié en 2014 avec les Conférences sociales organisées à l'initiative de François Hollande, dans sa volonté de renouveler le dialogue social.

II) Beaucoup trop de points négatifs: là où commence le gâchis et la très grande déception qu'a été ce quinquennat

a)Quelques aspects sous-estimés au sujet de l’Education

De manière générale, le ministère Peillon a été un bon exercice. Toutefois, une pierre d’achoppement a terni son bilan, et qui va suivre le bilan PS comme un boulet, ce sont la gestion des moyens pour les heures de péri-scolaire.
Il fallait indubitablement densifier à nouveau les heures de cours, le mercredi matin et réorganiser (de nombreux travaux de chronobiologistes ont abondé les études des partis de gauche de 2007 à 2012) l’emploi du temps des élèves de la primaire, dont on bouscule le rythme, ce qui est un facteur comme un autre, des dés-apprentissages et des inégalités socio-éco-culturelles.
A partir de là, même si le budget devait « ne pas exploser », au nom de quoi, une commande du Ministère, en ce qui concerne l’organisation de l’encadrement des mairies dans les écoles primaires (ce qui est à leur charge) devait peser sur les budgets des collectivités municipales ?
On peut se le demander et je dis que c’était à l’État de financer entièrement ces heures péri-scolaires. Sûrement que le Gouvernement Macron-Philippe aurait démonté ce dispositif, mais il n’y aurait pas eu le pêché originel de l’État qui se défausse sur les mairies.
On peut aussi parler de la réforme du collège fait à la va-vite par Najat Vallaud-Belkacem, qui a voulu réduire le nombre horaires de cours, alors que cela comprenait des heures d’AP (Aide Personnalisée), n’a pas su dissimuler l’objectif d’économie de postes. Une vraie réforme des collèges aurait respecté le délai de 2 ans, le temps que les élèves finissent leur cycle et ne soient pas « entre deux programmes », aurait donné du temps, des heures et des postes supplémentaires pour abonder des heures de modules dédoublées, pour mieux travailler et aurait revalorisé le taux horaire en langues , qui est ridicule (2h/semaine) au regard de l’ambition européenne/internationale du bilinguisme/multilinguisme, au lieu de pointer du doigt des matières qui comptent (comme toutes) puisque ce sont comme les autres, des points de Culture : l’allemand-bilangue et le latin-grec. Comment la gauche, fille de Garcia Lorca qui amenait le théâtre et l’art dans le moindre village andalou peut déclarer « inégalitaire » la Culture et les langues ?? L’Ecole c’est l’ambition élitaire pour tous (le Savoir qui n’est pas l’apanage des élites mais le moyen de l’égalité scolaire).


De manière générale, probablement que l'école sous François Hollande et les différents ministres (Peillon, Hamon, Vallaud-Belkacem) a manqué de nouvelles perspectives lui donnant un souffle nouveau. François Hollande a agi en faveur de l'Education Nationale certes, mais comme sous tous les gouvernements, de droite comme de gauche, certains sujets n'ont pas été abordés. Aucune réforme, ni même la moindre réflexion concernant les méthodes d'enseignements et la place de l'enfant, de l'adolescent et du futur adulte au sein de l'école.

Si le monde bouge, se transforme, évolue, l'Education Nationale reste une institution figée. On enseigne aujourd'hui comme on enseignait il y a cinquante ans. Pourtant, certaines méthodes font évoluées l'éducation en faveur de l'élève, comme la méthode Montessori, certes pratiquée quasi uniquement en école privée.
L'Education Nationale de demain devra revoir l'approche de l'enseignement dans la transmission des savoirs. Moins de théorie, plus de pratique. Il faut en finir avec les journées de cours à rallonge où les enseignants déversent leur savoir. L'élève ne doit plus être le spectateur des cours mais l'acteur, il doit participer davantage à travers des mises en situation et des cas pratiques.
La transition numérique doit aussi se faire à l'école, elle a commencé certes, mais trop lentement et dans trop peu d’établissements. Le numérique à l’école peut permettre d'abord à tous les élèves d'avoir accès aux outils numériques, mais aussi de les préparer à la réalité professionnelle où le numérique est omniprésent.
Le dessein de cette nouvelle organisation au sein de l'enseignement est très clair. Apprendre aux jeunes à ne plus être les spectateurs mais les acteurs de leur apprentissage et in fine de leur vie. Il est dommage qu’aucune réforme de l’Education Nationale lors du quinquennat Hollande n’y ai fait référence. 

b) La déchéance de nationalité, ce moment où la cheville de la porte a craqué…
Cette annonce faite en novembre 2015, dans le Discours au Congrès réuni après les Attentats de novembre 2015, inspirée par Manuel Valls en bonne partie, non refusée par l'influent ministre Macron a littéralement brisé l’idée d’égalité de traitement de tous les citoyens devant la Loi : on aurait traité différemment un terroriste uniquement de nationalité française et un terroriste de double-nationalité n’est pas tenable une seconde face à l’adage kantien , « Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle », soit c’est pareil pour tout le monde, soit on n’énonce pas un principe partiel et partial. Certes, on ne peut occulter la difficile période des attentats : celui contre la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 et ceux conjoints du 13 novembre 2015 touchant le Bataclan, le Stade de France et des personnes qui dînaient ou prenaient un verre dans les rues du 10 et 11èmes arrondissements. Ce n'était pas un contexte facile, on pouvait facilement perdre pied. Cependant, cette proposition vient en outre de l’extrême-droite et François Hollande a oublié que l’Indignité nationale existe : Pétain en a subi les foudres justes et il n'a pas voulu écouter Christiane Taubira, ministre de la Justice qui en a tiré les conséquences en démissionnant le 27 janvier 2016 Tout cela pour finir par un blocage au Sénat, (passé à droite en 2014), en mars 2016.

c)La réforme territoriale
Si certaines fusions liées à la Loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale et Régionale) de 2014, appliquée en 2015 ont fonctionné et qu'il y a eu quelques clarifications nécessaires au sujet des compétences, on peut que rester pantois devant l'inefficacité de cette réforme qui avait pour argument, de réduire les coûts liés au fonctionnement des collectivités régionales : ce n'est pas le cas et devant la méthode employée, celle du choix de d'abord redécouper, sans aborder la question des échelons, des compétences majeures, des budgets des collectivités bien trop maigres (alors que l'ambition était de faire des « grandes régions européennes »). La nouvelle Région Grand-Est ne dispose que d'un un budget de 1,17 milliard par an, quand la Flandre belge pour une population équivalente et un territoire représentant la moitié du Grand Est dispose, elle d'un budget de près de 20 milliards d'euros par an ! Certes, ce ne sont pas les mêmes niveaux de dévolution : en Belgique, c'est un cadre fédéral, ce n'est pas le cas en France, mais enfin tout de même, le différentiel est bien trop grand et cela pointe les problèmes énormes de financement des collectivités territoriales en France, qui assurent, rappelons-le, près de 75% des investissements publics. Tout cela, sans parler des régions à la taille de mastodonte et n'ayant pas de cohérence, notamment le Grand-Est, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie.

Les fusions à marche forcée vers de plus grandes intercommunalités à éloigner le citoyen des prises de décisions politique alors que la nature même de la gauche est d’approfondir le souveraineté populaire et la proximité. A l’inverse, les pouvoirs se concentrent entre les mains de quelques-uns plutôt que d’être partagé. La commune, cellule de base de notre démocratie, se retrouve réduite à une gestion de la pénurie. Rien a été fait pour l’enrayer, pire le gouvernement l’a amplifié par la baisse des dotations. Ce sont pourtant dans les collectivités locales gérées par des majorités de gauche plurielle que des idées novatrices avaient pu émergées (démocratie participative, citoyen acteur de sa cité, logement, transport, éducation etc…)

d)La question économique et sociale, pourtant l'essence même de la politique et du corpus idéologique socialiste , objet du reniement de François Hollande
Plusieurs points pourraient être évoqués, en passant par la Loi sur les Banques incomplète n'aboutissant pas une vraie séparation des banques de dépôt et des banques d'affaire, à la non remise en cause de la suppression injuste par Nicolas Sarkozy de la demi-part des veuves (dont un certain nombre n'ont que de petits et moyens revenus et nous le savons qui pour une majorité d'entre-elles n'ont pas pu faire toutes leurs années de cotisation ; cela est lié à l'aspect précaire du travail des femmes, les moindres salaires et la double charge indue aux femmes à qui la Société traditionnelle confiait la tâche de s'occuper des enfants), du refus conjoint de Pierre Moscovici, Michel Sapin et Emmanuel Macron, de ne pas vouloir aborder un débat et une loi sur la Taxation des Transactions financières et bien évidemment la grande réforme fiscale égalitaire fusionnant la CSG et l'Impôt sur le Revenu, mesure phare du candidat Hollande...
On va se concentrer sur deux mesures économiques qui au minimum n'ont pas porté leurs fruits voire, pour une des deux qui a été néfaste. A cela, l'analyse-inventaire doit aussi évoquer le leadership économique, politique et idéologique du Président Hollande.
Ces deux mesures sont le CICE (Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi) lancé en 2012. Cette mesure pouvait sembler nécessaire et juste : beaucoup d'entreprises dont une majorité sont des PME, avaient souffert de la Crise, qui demeurait d'ailleurs à un haut niveau en 2012 et 2013 et avaient vu fondre comme neige au soleil, leur trésorerie (essentielle pour le fond de roulement et pour redémarrer l'activité après une crise). Pierre-Alain Muet député du Rhône, Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne avaient d'ailleurs proposé un cadre pour ce CICE, à savoir de flécher les aides, de les concentrer sur les PME et les entreprises spécialisées dans l'export et de demander en échange des contreparties en termes d'investissements (machines nouvelles, hausses de salaires, formations) et de créations d'emplois.

Tout cela aurait pu fonctionner ou à peu près fonctionner si François Hollande avait écouté ces deux députés, éminents spécialistes de la fiscalité et de sa relation à l'économie, sauf que François Hollande , aiguillé et conseillé par Emmanuel Macron , alors Conseiller à l'Economie à l'Elysée, mais aussi parce que l'atavisme de François Hollande, qui a toujours été partagé du point de vue de son corpus idéologique en matière de politique économique entre la méthode Jospin qui est celle de toujours mettre en avant un aspect social dans sa politique économique et la méthode Delors, finalement centriste et fonctionnant avec le logiciel libéral.
En conséquence, le CICE a été un échec, il n'a pas su faire vraiment redémarrer la machine, même s'il faut le souligner, cela a permis de sauvegarder (et créer pour une petite part) 280.000 emplois, mais ayant reçu en subsides publics, près de 10 fois plus en moyenne qu'un contrat aidé. On peut donner l'exemple notoire de Carrefour qui sur l'exercice 2013-2018 a reçu en totalité, la somme de 144 milliards d’euros, tout cela pour le donner aux actionnaires et supprimer 2400 emplois et de nombreux magasins de proximité.

La deuxième mesure néfaste et qui nous a coupé de notre base électorale de gauche, qui croit que la gauche c'est un tant soit peu un projet d'égalité et de transformation de la société, y compris dans sa composante économique, à savoir la Loi Travail, au printemps 2016. Cette mesure voulue par François Hollande, Manuel Valls (qui avait, rappelons-le voulu que l'on supprime les 35 heures en 2010 dans une polémique face à la Première Secrétaire de l'époque, Martine Aubry) et Emmanuel Macron, donc le « Triumvirat » de l'Exécutif, sort des valeurs et des limites du socialisme et de la social-démocratie.
Rappelons que la social-démocratie, c'est la recherche du compromis c’est-à-dire la réalisation de « lois sociales toujours plus mélioratives » en faveur des travailleurs face au patronat. Remarque complémentaire, qui forme le 3e élément de la critique socio-économique du quinquennat, c'est la manière dont François Hollande a abordé le leadership et la voie de décision, qui a construit un tête-à-tête avec Emmanuel Macron libéral et idéologiquement du centre-droite, a voulu réagir en monarque demeurant sourd face aux députés de sa majorité qui souhaitaient aider ce quinquennat en le ramenant vers les promesses faites au Bourget.

Les « Frondeurs » n'ont fait qu'aider ce quinquennat à ne pas sombrer en voulant respecter le propre programme de campagne de François Hollande en 2012 et s'ils ont des torts, ils sont bien moindres face à ceux de François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron. Cela pose le constat d'une nécessité d'une VI° République parlementariste et primo-ministérielle, sujet sur la table depuis 1997.


e)Le rôle néant du Parti Socialiste au national
Si les fédérations du Parti Socialiste, les députés et sénateurs de notre Parti, les militants ont joué leur rôle, celui d'alerter des retours du terrain, sur le fait que cette politique présidentielle n'était pas approuvée et appréciée, la majorité du Parti Socialiste au national, menée d'abord par Harlem Désir (de septembre 2012 à avril 2014) puis Jean-Christophe Cambadélis (avril 2014 à septembre 2017) n'a pas su relayer ces retours et n'a pas voulu servir de moteur de contre-propositions pour donner une vision. Travail idéologique et d'analyse inexistant depuis beaucoup trop d'années au PS, délégué vaguement au think tank Terra Nova, ne représentant pas l'étendue des courants du PS et dénaturant le rôle d'un parti de gauche qui est de laisser à la démocratie militante, le soin de construire un projet de société. Les primaires ouvertes ont accentué ce phénomène remplaçant le choix des idées par le choix des personnalités.



En conclusion

On l’aura compris, le bilan du quinquennat, celui que porte la Fédération du Parti Socialiste de la Loire est plus négatif que positif. Ce bilan se mesure par des résultats électoraux désastreux avec un président sortant incapable de se représenter pour défendre son bilan et un parti socialiste victime de la perte du leadership à gauche qui se retrouve aujourd’hui coincé entre la France Insoumise et LREM.
Cela va de soi, qu'il y a eu quelques avancées, mais elles ne parviennent pas à rééquilibrer une balance qui a beaucoup trop penchée vers la politique de l’offre. Pour la première fois dans l'Histoire de la gauche dans la V° République, contrairement au bilan de François Mitterrand, Michel Rocard et Lionel Jospin, il n'y a pas eu de bilan plus ou moins équilibré. Un juste compromis qui permet à notre camp social de bénéficier d’une politique de redistribution des richesses.
Pour la première fois depuis 35 ans, l'électorat de gauche ne porte pas une critique sur ce qui n’a pas été fait mais bel et bien sur ce qui a été produit par la gauche au pouvoir pendant cinq ans. Familièrement on pouvait dire de F. Mitterrand puis L. Jospin qu’ils n’avaient pas osé faire plus, alors que l’on retient de François Hollande des mesures qui ont heurté notre camp et fracturé la gauche. On est passé du « vous auriez pu faire mieux » à « vous avez fait l’inverse de ce que vous aviez promis ».
La présidence Hollande est la première responsable, mais bien évidemment les deux primo-ministères Ayrault et Valls ont largement leur part de responsabilité. Sans oublier celle du Parti. Nous ne pouvons considérer autrement que la Rupture avec la politique socio-économique de ce Quinquennat, comme l'ont fait nos camarades, partis : Benoît Hamon, Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann. Cela en raison de son contenu, mais aussi , et c'est le comble , parce qu'un homme de droite , associé au pouvoir, Emmanuel Macron a co-piloté cette politique économique de mai 2012 à août 2016.

mercredi, décembre 05, 2018

Un gué inquiétant pour la France : la crise socio-éco-fiscale de novembre-décembre 2018 dite des "Gilets jaunes"

Depuis quelques temps, déjà, le temps s'assombrit pour la France et sa situation socio-économique.
Le chômage continue d'augmenter, les trésoreries malgré le dispositif du CICE sont pas toutes loin de là, au beau fixe car notamment le verrou bancaire des prêts continue de bloquer l'activité et du point de vue du Gouvernement Philippe-Macron, le départ fin août de cette année 2018, de Nicolas Hulot, alors Ministère de l'Ecologie a sonné le glas d'un redressement constructif de la France.

Chose inattendue, après l'affaire et la faute de la CSG et de la quasi-abolition de l'ISF, de la grève SNCF contre le démantèlement du Service public qui subit déjà et encore plus depuis, les affres de la rentabilité asséchante pour l'Aménagement du Territoire, sans compter la colère des maires qui n'a reçu que le mépris présidentiel...
Qui aurait pu croire que dans la discussion pour le Budget 2019, la mesure de hausse des taxes sur le carburant aurait été la goutte d'eau qui fait déborder le vase? Conjoncturellement , personne, pas même les premiers intéressés, les Gilets Jaunes (personnes aux avis divers, aussi bien de toutes les couleurs de droite, que celles de la gauche). Il n'en demeure pas moins que le pays vit depuis le CPE (2005) et même depuis la grève des routiers de 1995 face à Alain Juppé, le mentor d'Edouard Philippe, son mouvement de nature sociale le plus vigoureux.

Le mouvement des Gilets Jaunes est à entendre, la colère qu'il exprime ne peut être balayée d'un revers de main car il s'agit de la question du Pouvoir d'achat. Question qui taraude la France depuis 1993 et les "réformes" Balladur sur les retraites et autre, de nature austéritaire; quand le Président Macron s'apprête au printemps 2019 (réforme repoussée, par ailleurs) à faire de même , en voulant faire baisser drastiquement le niveau de reversion des pensions. Comment justifier en 25 ans, probablement ce qui sera un recul d'autour de 50% du niveau de reversion??

Olivier Faure, premier-secrétaire du PS, l'autre jour (le lundi 03/12/2018) sur Europe 1, l'a bien dit:
"La France est en état de quasi-insurrection", mots lourds pour quelqu'un qui pèse toujours ses mots.

Emmanuel Macron mais aussi Edouard Philippe, "droits dans leurs bottes", ont pêché par orgeuil en croyant que l'adage post-1986 de Jacques Chirac sur l'ISF (Impôt sur la Fortune) -rétabli par Michel Rocard, en 1988- était dépassé, ou précisément l'IGF (Impôt sur les Grandes Fortunes) à l'époque: "Ne touchez pas à l'ISF!" et en décidant de passer outre les Corps intermédiaires.

Ce point sur les Corps intermédiaires est majeur, malgré les réserves d'une partie de la droite et d'une partie des analystes de l'actualité politique, car ce n'est pas anodin dans un pays pour qui l'Egalité est pilier de la République, que l'on soit si peu syndiqué. Cela ne veut pas dire que la politisation n'existe pas, non. Le mouvement des Gilets jaunes en est la preuve la plus récente. La politique c'est s'impliquer dans la vie et les décisions concernant la Cité. Ce qui pose problème, en France et ce depuis le début de la Révolution, en 1791 (Loi Le Chapelier qui interdit les rassemblements des ouvriers), c'est que l'Aristocratie a été remplacée, place et rapports de force inclus, par la Bourgeoisie, c'est-à-dire, ne nous méprenons pas, les Grands Possédants détenteurs des grandes fortunes. En aucun cas, les PME, et c'est parfois le défaut de la gauche, ne peuvent représenter une emprise qui mériterait des Lois Somptuaires , comme sous Rome (loi Orchia, Loi des Douze Tables) chargées d'équilibrer les rapports entre patriciens (aristocrates et grands propriétaires) et les plébéiens (le peuple, historiquement plus modeste en revenus que les patriciens). La carence cruelle en représentation et en représentativité syndicale fait plus que défaut dans une démocratie moderne: comment la citoyenneté s'arrêterait-elle à la porte de l'entreprise? comment la consultation et la capacité à donner son avis en termes de stratégie (avec tous les enjeux qui vont avec: le bien de l'entreprise, la situation du marché et des commandes...) n'aurait-elle aucune légitimité?
Comme l'avait dit Jean Jaurès, la République ne sera totalement complète que quand elle sera sociale. C'est-à-dire que la démocratie sociale, mais aussi participative, liquide et horizontale pour exprimer des revendications de notre temps, ne demeurer un vain rêve, mais au contraire se réaliser et être accompagnée par les Gouvernements. Je me pose la question d'un système où les syndicats seraient incontournables: pour avoir une mutuelle,il faudrait se syndiquer, car l'on ne pourra pas soit refuser toute avancée de démocratie sociale (du point de vue d'un gouvernement hostile à l'Avancée du Progrès dans l'Histoire), soit refuser de s'impliquer soi-même dans un processus électif, d'engagement dans son milieu professionnel ( l'employé ou l'ouvrier comme représentant de ce qu'il souhaite pour son entreprise). C'est ce qui se passe en Belgique, Allemagne, Danemark, Suède, Norvège, Finlande et Islande, des pays où l'aboutissement de la démocratie va jusqu'au fond des racines, sur le terrain, par des relais ouvriers et associatifs et je ne vois pas en quoi cette mesure indispensable et méliorative constituerait un quelconque recul de société.

Le Gouvernement Philippe-Macron ne peut uniquement se contenter de l'équilibre budgétaire et de penser aux 3% demandés par l'Union Européenne (se limiter à un dépassement du déficit pour le budget, à hauteur de 3% du déficit). Cela ne veut pas dire d'ailleurs que toute politique budgétaire telle un puits des Danaïdes soit souhaitable, mais entre étendre un principe de rationalité à 5% du déficit et un principe à N % , il y a un fossé. Toutefois, à défaut de fossé, le Gouvernement actuel nous laisse , nous la France et les Français-es dans un gué.

Il ne peut s'agir de laisser s'installer le désordre, le Gouvernement sourd face aux préoccupations d'une grande majorité de Français en serait le premier responsable. Je ne sais pas si des démissions, des dissolutions immédiates serviraient à quelque chose, si on ne répond aux sujets de fond... c'est comme casser le thermomètre, mais rien faire pour lutter contre la fièvre.

Plus que les taxes, par rapport auxquelles il convient de demander un Moratoire et pour l'augmentation des taxes sur les carburants, précisément une abolition, mais aussi un retour de l'ISF tel qu'il fut pensé par Michel Rocard à Matignon, une Prime de pouvoir d'achat et une Fiscalité écologique personnalisée (selon les revenus et le lieu d'habitation de chacun : si l'on est plus aisé et habitant d'une zone métropolitaine bien desservie, on paye plus qu'une personne plus modeste et demeurant dans un espace rural ou périphérique peu desservi) et au-delà de cela un Plan de rattrapage des Services publics dans les zones rurales et périphériques, cibler le CICE pour les PME et la Convocation d'Etats Généraux sur le Pouvoir d'Achat, des Etats Généraux sur la Transition écologique et enfin des Etats Généraux sur la modernisation de nos institutions vers une VI° République parlementaire.
Car ces trois questions ne pourront plus être évitées à l'avenir: elles traînent depuis 1993, que ce soit avec la "Fracture sociale et territoriale", la question du Réchauffement climatique et la déception vis-à-vis d'un leadership français et européen.

lundi, novembre 26, 2018

In Memoriam: Christian Avocat (1943-2018)

Christian Avocat, éminent militant et élu du PS roannais et de la Loire, nous a quittés, ce dimanche 25 novembre 2018, je présente mes condoléances à sa famille et ses proches. Il a été un premier adjoint précieux de Jean Auroux à la Mairie de Roanne (1983-2001), conseiller régional de 1998 à 2010, longtemps président du groupe socialiste, il est devenu de 2008 à 2014, le Président de Roanne Agglomération. Christian Avocat , soucieux de l'avenir de Roanne et du Roannais suivait les affaires locales à la section du PS de Roanne-Mably.

Voici différents textes lui rendant hommage:

Celui de la Section de Roanne-Mably:
"DECES DE CHRISTIAN AVOCAT
La FEDERATION SOCIALISTE DE LA LOIRE,
Les Sections du PARTI SOCIALISTE DE ROANNE-MABLY, de L’OUEST ROANNAIS, de CHARLIEU
Nous venons d’apprendre le décès de Christian Avocat.
Le Parti Socialiste de Roanne est triste et présente ses sincères condoléances à son épouse, ses enfants et ses petits-enfants ainsi qu’à toute sa famille.
Christian Avocat a été un leader du Parti Socialiste roannais : engagé au PSU, rocardien fidèle, après avoir refondé la section de Roanne du Parti Socialiste en 1974 et y avoir accueilli son collègue enseignant Jean Auroux, il conduit les campagnes victorieuses de 1977 à 1981. Simple conseiller municipal lors du premier mandat de Jean Auroux, il devient son adjoint de 1983 à 2001. Elu Conseiller Régional en 1998, Vice-Président du groupe socialiste, il participe activement à la lutte contre l’alliance de Charles Million avec le Front National. En 2004, Jean-Jack Queyranne lui confie la présidence du groupe socialiste qu’il conservera jusqu’à son élection au poste de Président de Roannais Agglomération en 2008.
Passionné par son mandat régional, il s’investira particulièrement dans l’aménagement du territoire et le développement économique.
Chef de l’opposition à Roanne de 2011 à 2007, il a su mettre en place les bases de la reconquête en ouvrant la vie municipale à la société civile.
Président visionnaire de l’agglomération élargie, il a inscrit ses mandats dans la continuité des politiques menées par Jean Auroux avec une complémentarité intellectuelle qui les liaient dans l’action.
Sa réflexion, son travail au service de toutes et tous ont été d’une importance capitale pour Roanne et le roannais. Pédagogue, soucieux d’expliquer et de faire comprendre « la vie de la cité », il a formé de nombreux élus et militants. Après avoir choisi de se retirer de ses mandats en 2014, il a continué à nourrir la réflexion des socialistes grâce à la finesse et à la rigueur de ses analyses.

Pour ses funérailles se reporter à l’avis de décès de la famille"  

Message de Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional de Rhône-Alpes (2004-2015):
"Je ressens une grande peine à l’annonce du décès de Christian qui s’est battu pendant des années contre le cancer. J’éprouvais envers lui un profond respect. J’appréciais sa rectitude, son intégrité, sa sagesse. Il en fallait aux différentes époques que nous vécues à la Région : l’affrontement avec Millon et le Front National en 1998, puis les suites de notre victoire en 2004. Il a alors été un Président de notre Groupe disponible, soucieux d’assurer la cohésion de notre majorité tout en permettant à chacun d’exprimer sa sensibilité. 
Ses interventions étaient toujours empreintes d’une grande hauteur de vue. Il ne s’était pas représenté en 2010 pour laisser leurs chances aux plus jeunes, mais il avait conservé une certaine nostalgie des combats que nous avons menés ensemble.

Pour lui, la Région devait être une opportunité pour la ville de  Roanne dont il craignait qu’elle se trouve reléguée par son déclin industriel. Il avait été fier de la victoire municipale à laquelle il avait contribué en 2007, renouant avec le fil d’une histoire qu’il avait partagée avec Jean Auroux. Il s’était investi avec une grande jeunesse d’esprit dans ses fonctions de Président de Roanne agglomération. Je me souviens de sa fierté lors de l’inauguration de la Halle Vacheresse dédiée à la glorieuse Chorale de Roanne, symbole d’une ville qui a conservé le goût d’entreprendre et de gagner.

Son engagement au sein du Parti Socialiste, reposait sur de solides convictions : il était un militant de la justice sociale, solidaire des travailleurs et des milieux populaires. Jusqu’à la fin de sa vie, il a été fidèle à ses idéaux qui l’ont conduit à être pleinement un homme de gauche.
"

Communiqué de presse du Sénateur de la Loire, Jean-Claude Tissot:
"J’ai appris hier matin avec tristesse le décès de Christian Avocat survenu dans la nuit de samedi à dimanche.
Je tiens à saluer son engagement au sein du Parti Socialiste de la Loire, et son parcours d'élu comme conseiller régional puis Président de Roannais Agglomération.
Nous n’avions pas la même vision de l’aménagement de notre territoire…nous en avons souvent débattu mais toujours dans le respect des positions de chacun. Il m’avait fait l’honneur d’être présent à mon bilan de mandat à Riorges le mois dernier et ce malgré nos différends.
Après le départ de Jean Claude Frécon en décembre 2016, c’est une nouvelle personnalité politique de notre département qui nous quitte.
Je présente à son épouse, ses enfants, sa famille mes plus sincères condoléances.
Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire."




vendredi, novembre 23, 2018

Ma contribution au débat sur l'Inventaire du PS

Ce texte est l'écrit personnel, mon point de vue sur l'Inventaire, qui marque clairement un avis beaucoup plus négatif que positif sur le Quinquennat de François Hollande. Je l'ai présenté  en Conseil Fédéral du PS de la Loire, il sera amendé, un peu plus consensuel (je respecte les différents points de vue). Mais je voulais que mon propre texte soit court, incisif et cash, car c'est mon analyse et mon ressenti.


« Nature morte du Quinquennat 2012-2017 »

ou étude d’un mandat raté :
Ma contribution à l’analyse de l’Inventaire (novembre 2018-décembre 2018) au Parti Socialiste

par Pierre-Marie Chevreux,
militant à la section de Roanne-Mably et secrétaire fédéral du PS Loire


Propos introductif : Du Quinquennat passé et du Parti Socialiste actuel

Le quinquennat de François Hollande (2012-2017) et les trois gouvernements, Jean-Marc Ayrault (mai 2012-mars 2014) , Manuel Valls (mars 2014-décembre 2016) et Bernard Cazeneuve (décembre 2016-mai 2017) ont été , et c’est reconnu à l’unanimité générale, des chemins de croix. Il faut toutefois nuancer le propos concernant le primo-ministère de J.M. Ayrault qui a été marqué par l’affaire Cahuzac et un certain nombre de couacs et exclure du passif le bref passage mais rassérénant (de ce qui pouvait être encore sauvé, c’est à dire deux fois rien) de Bernard Cazeneuve.

Certes la forme et l’Institut Jean Jaurès a beaucoup insisté dessus compte , et c’est certain, mais c’est bien du fond politique dont il s’agit en premier lieu et qui doit être analysé en son for intérieur, mais même plus décortiqué, critiqué et disons-le franchement jugé. Comme le disait Victor Hugo « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface »  . On l’aura compris, le jugement sur ce Quinquennat ne peut-être que globalement négatif (par points précis, c’est autre chose)
et pour une fois, contrairement au Bilan de François Mitterrand, Michel Rocard (soulignons ce Premier-Ministre qui a apporté sa patte à la gauche, par un travail constructif, social et finalement reconnu de tous, alors qu’à l’époque, les mitterrandistes le conspuaient) et Lionel Jospin, il ne s’agit pas de critiquer ce qui n’a pas été fait mais bel et bien ce qui a été produit par la gauche au pouvoir pendant cinq ans.

Le propos comprend aussi la direction du PS actuel, qui certes, malgré quelques efforts (trop timorés à mon sens), continue d’être fuyant (et je précise cela vaut pour le Secrétariat de Jean-Christophe Cambadélis d’avril 2014 à septembre 2017, mais pourquoi n’a t-il pas démissionné dès juin 2017 ??), à la hollandaise, en noyant le poisson, vis-à-vis d’un passage sur le gril de l’aile droite du Parti Socialiste et le PS ne pourra pas se reconstruire en profondeur sans cette introspection critique et cette remise en cause. Le départ des camarades Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann le 13 octobre 2018 n’en est que le dernier symbole en date. La faute originelle du Parti a été d’esquiver l’Inventaire au crépuscule du parti de gouvernement , ce dès juin 2018. L’Inventaire, souhaité, on le prend, arrive quand même tard, trop tard (on se dit que vu l’éclatement de la gauche, on aurait pu s’éviter un départ de Benoît Hamon puis d’Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann si on avait mis le coup de collier salutaire d’un parti qui réagit quand même, au bon moment)
La question de la Nature morte du Parti , momifiée après le souffle d’un volcan explosif tel le Vésuve à Pompéi, se pose effectivement.

I)Des points positifs, trop rares, même s’ils sont à saluer

Les points majeurs, même si les doigts d’une main suffit largement à les compter, au nombre de trois permettent de garder un instant, un sourire crispé et un souffle de fierté comme socialistes partisans, nous les enfants et héritiers de Jean Jaurès. Ce sont en premier lieu, le Mariage pour tous, la globalité de la Réforme Peillon sur l’école qui a assuré enfin des moyens, à nouveau à cette institution fondatrice du lien républicain , national et éponge (trop frêle, vu l’état de l’école depuis une quinzaine d’années) des inégalités et la COP 21, mise en ordre essentielle pour la « Bataille pour l’Organisation de la Planète » chère à Michel Rocard, un précurseur en la matière ; COP 21 qui se couple à la Loi de Transition énergétique, effort français plus que nécessaire pour l’écologie (même s’il demeure à être mis en œuvre aujourd’hui, tâche ardue avec un Gouvernement qui n’a cure de l’écologie) et il ne pouvait en être autrement , en ce qui concerne le pays organisateur de l’évènement international, correspondant à un véritable 3e Sommet de la Terre (après Rio 1992 et Kyoto 1997).

II)Une kyrielle de points négatifs : comment s’y retrouver , si ce n’est en se focalisant sur les curseurs essentiels ?

a)Quelques aspects sous-estimés au sujet de l’Education
De manière générale, le minstère Peillon a été un bon exercice. Toutefois, une pierre d’achoppement a terni son bilan, et qui va suivre le bilan PS comme un boulet , ce sont la gestion des moyens pour les heures de péri-scolaire.
Il fallait indubitablement densifier à nouveau les heures de cours, le mercredi matin et réorganiser (de nombreux travaux de chronobiologistes ont abondé les études des partis de gauche de 2007 à 2012) l’emploi du temps des élèves de la primaire, dont on bouscule le rythme , ce qui est un facteur comme un autre, des dés-apprentissages et des inégalités socio-éco-culturelles.
A partir de là, même si le budget devait « ne pas exploser », au nom de quoi, une commande du Ministère , en ce qui concerne l’organisation de l’encadrement des mairies dans les écoles primaires (ce qui est à leur charge) devait peser sur les budgets des collectivités municipales ?
On peut se le demander et je dis que c’était à l’État de financer entièrement ces heures péri-scolaires. Sûrement que le Gouvernement Macron-Philippe aurait démonté ce dispositif, mais il n’y aurait pas eu le pêché originel de l’État qui se défausse sur les mairies.
On peut aussi parler de la réforme du collège fait à la va-vite par Najat Vallaud-Belkacem, qui a voulu réduire le nombre horaires de cours, alors que cela comprenait des heures d’AP (Aide Personnalisée), n’a pas su dissimuler l’objectif d’économie de postes. Une vraie réforme des collèges aurait respecté le délai de 2 ans, le temps que les élèves finissent leur cycle et ne soient pas « entre deux programmes », aurait donné du temps, des heures et des postes supplémentaires pour abonder des heures de modules dédoublées, pour mieux travailler et aurait revalorisé le taux horaire en langues , qui est ridicule (2h/semaine) au regard de l’ambition européenne/internationale du bilinguisme/multilinguisme, au lieu de pointer du doigt des matières qui comptent (comme toutes) puisque ce sont comme les autres, des points de Culture : l’allemand-bilangue et le latin-grec. Comment la gauche, fille de Garcia Lorca qui amenait le théâtre et l’art dans le moindre village andalou peut déclarer « inégalitaire » la Culture et les langues ?? L’Ecole c’est l’ambition élitaire pour tous (le Savoir qui n’est pas l’apanage des élites mais le moyen de l’égalité scolaire).

b)La Déchéance, ce moment où la cheville de la porte a craqué…
Cette annonce qui a brisé l’idée d’égalité de traitement de tous les citoyens devant la Loi : on aurait traité différemment un terroriste uniquement de nationalité française et un terroriste de double-nationalité n’est pas tenable une seconde face à l’adage kantien , « Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle », soit c’est pareil pour tout le monde, soit on n’énonce pas un principe partiel et partial. Cette proposition vient en outre de l’extrême-droite et François Hollande a oublié que l’Indignité nationale existe : Pétain en a subi les foudres justes.

c)Le social-économique, le coeur de la politique et le coeur de la politique de gauche bafoués dans une gouvernance hétérodoxe et autoritaire
On ne peut rejeter la faute, comme le fait en partie l’Inventaire de l’Institut Jean Jaurès sur l’aile gauche qui n’aurait pas compris qu’elle devait muter et aller dans le sens de l’aile droite. Plusieurs points dont la Loi El Khomri a été le point d’orgue de la politique blairiste et schröderienne, alors que le Quinquennat ne l’a pas toujours été.
François Hollande, idéologiquement, et Manuel Valls par la mise en pratique et sa volonté de faire le coq social-libéral , orné du titre pompeux de « Réformateur » en sont les principaux responsables. Les « Frondeurs », le terme est un peu injuste et impropre, même s’ils ont effectivement fait tanguer le bateau, n’ont fait qu’être fidèles au Programme du PS et de François Hollande de 2012.
Outre la jurisprudence jospinienne pratique qui veut que l’on fasse concerter le groupe majoritaire , les partenaires de gauche et l’Exécutif, qui n’a pas été appliqué pendant ces cinq années, le « Changement de Cap » et surtout disons-le bien la Loi Travail a été un renoncement à une logique de « lois sociales toujours plus mélioratives », ne cédant jamais dans la marche des Droits sociaux. Michel Rocard, fut-il social-démocrate n’en pensait pas moins. C’est bien là le Mur idéologique de François Hollande et du PS majoritaire d’alors : avoir cru que l’on pouvait faire passer Blair et Schröder au sein du socialisme français.

dimanche, novembre 04, 2018

Mise à jour de ma proposition pour un drapeau de Montréal.


Le 13 septembre 2017, Denis Coderre, ancien maire de Montréal (depuis novembre 2017 c'est Valérie Plante qui est mairesse de Montréal) avait porté un geste symbolique important, mettre le pin mohawk sur le drapeau et les armoiries de Montréal, pour rappeler que ce sont bien les Premières Nations qui sont les premiers habitants du Québec et du Canada.

Ainsi , ma proposition pour un drapeau de Montréal plus québécois et moins anglais (car la base du drapeau est le drapeau anglais: croix rouge de Saint-Georges sur fond blanc) s'adapte donc au nouveau drapeau montréalais.

Le voici: