A PROPOS

Je suis de gauche depuis l'enfance.Je suis membre de la CFDT depuis 2008.


dimanche, août 30, 2026

Annonce politique dans le marasme de la situation actuelle (à gauche)

 

ANNONCE POLITIQUE DANS LE MARASME DE LA SITUATION ACTUELLE (A GAUCHE)

-Petit rappel-

Depuis 2022, connaissant bien la gauche française et son bordello (ou organisation façon armée mexicaine, c’est selon), je le sentais venir gros comme une maison. La gauche allait mettre 5 ans à se crêper le chignon, à faire X réunions pour savoir quelle était LA meilleure ligne, à soutenir comme des groupies, chaque intervenant qui aurait daigné ouvrir la bouche : Sandrine Rousseau, Jean-Luc Mélenchon bien-sûr, Fabien Roussel, Boris Vallaud, François Hollande, Raphaël Glucksmann…

On se serait cru encore à la période de Ségolène 2007, ou pour les plus anciens à Rennes 1990 ou au XVIII° Congrès du PCF à Saint-Denis en 1994 quand Georges Marchais a passé la main à Robert Hue et que le Bureau Politique a juré Dieu comme fer, suivi par les suivistes de l’époque (et ceux qui n’ont pas suivi, ont quitté bruyamment le Parti) que le PCF allait se réformer tout en restant communiste, révolutionnaire et léniniste mais avec la démocratie …

on a vu, tout ça.

-Personne n’y arrive-

Aucun, aucune n’est capable à gauche depuis 2017 de se distancer des autres. Pas même Jean-Luc qui a pourtant réalisé en 2017, une excellente et idéale campagne, avec le recul. Il y avait tout, l’élan, la joie, les idées et le fond et même un petit parfum «de vrai candidat du PS traditionnel » avec le soutien des communistes en prime, le tout avec la cerise sur le gâteau, une écologisation de la ligne. Tout allait dans le meilleur des mondes et Charlotte Girard, veuve du très regretté et brillant François Delapierre, en conseillère spéciale du Sénateur mythique depuis 1986 (date du grand bain politique national du Petit Timonier, ça fait 40 ans cette année, que le « vieux » est en lice). Et puis le Timonier a tout gâché, évolution 2019 « tant pis je redeviens néo-trotskiste », insurrectionniste (même s’il y avait déjà des prémisses avec la création en 2016 de la France Insoumise) et là ça prenait corps, vraiment, « le Bruit et la fureur », avec « la République c’est moi », mais surtout le débarquage en règle de Charlotte Girard, l’installation manu Politico Burello -(ablatif de Politicus Burellum, Bureau Politique en latin)- de la militante associative Manon Aubry, la constitution à l’air libre du premier cercle (mais qui existait déjà avec le parti-Bureau Politique « PDG », le Parti de Gauche) et l’envie enfin avouée de l’hégémonie quitte à y aller au bulldozer contre les autres à gauche…

-Les petits désastres-

Et les autres… oh bah les autres, Jadot a fait une campagne molle, Hidalgo soutenue par l’aile droite du PS a coulé plus vite et plus fort que le Titanic, Sandrine Rousseau a voulu devenir une égérie façon « Angela Davis » mais qualité Wish, le PS s’est re-divisé à nouveau, comme il a le secret de ces congrès fratricides, au Congrès de Nancy en juin 2025 et Fabien Roussel (ni ses prédécesseurs), joue à l’autonomie et tant pis si le PCF n’a jamais redéfini ce qu’est « le communisme autonome du reste de la gauche » après l’enterrement définitif de l’URSS et d’un pseudo-léninisme , qui ne pouvait plus avoir de corps après Kronstadt, la Guerre civile russe, la manipulation criminelle du léninisme par Staline (exécutions, goulags, génocides ukrainien et kazakh, Katyn, invasions des Pays baltes et de la Moldavie, forcing en Europe Centrale et balkanique avec les coups d’Etat organisés entre 1946 et 1948) et les interventions extérieures soviétiques par Khrouchtchev et Brejnev en Hongrie (1956) et en Tchécoslovaquie (1968) ; sans compter les Révolutions du peuple de 1989, en Hongrie, Tchécoslovaquie, RDA, Roumanie et la tristement infructueuse révolution du peuple à Tiananmen en Chine.

-Alors, quid ?-

Oui, oui tout le monde est rhabillé pour la Collection Automne-Hiver 2026 et tiens même pour celle de Printemps-Eté 2027, mais bon comme on est habitué désormais à gauche, aux fripes de chez Shein, niveau qualité politique (le sens, le programme, la manière de présenter et surtout de rassembler), ça devrait aller ! Non trêve de plaisanterie, il est temps de prendre le ciseau du tailleur et de reprendre le costume si abimé de la gauche et des écologistes. Finie la Comédie, juste pour rappel, on a le risque de voir arriver Marine Le Pen et sinon du retour du macrono-droitard, Edouard Philippe. Ça fait rêver non ? Surtout quand on se réveillera fin juin, voyant les unes dans le monde, au RU, Allemagne, Canada, Japon, Ukraine… ne comprenant pas ce qui se passe. Bonjour le phare « lumineux » de 1789, il va en prendre un sacré coup. Mettre, soit une Présidente d’extrême-droite, soit à nouveau un pays politique introuvable et un ancien Premier-Ministre, qui peu importe son sérieux, n’a pas mal raté son coup entre 2017 et 2020.

Et pendant ce temps-là à gauche ? « Ah gagner les élections ? Oui, mais pas le temps, on a une division à accomplir ! »

Il est temps, à nouveau, pour citer Jean-Louis Aubert de reprendre le bleu de chauffe sur le terrain et la logique réflexive du militant qui sommeille en moi, après 4 ans ; vues toutes les tartufferies, les comédies de boulevard sans saveur, les farces qui durent 1 seconde et qui sont longues à supporter, après 4 ans de « j’en ai marre ». Objectivement, on peut comprendre, on nous prend à longueur de journée pour des cons, par des messieurs et des mesdames qui se la racontent, alors que plus vide que ça le trou noir de la Constellation du Cancer, fait petit jeu, c’est juste horripilant.

-Jean-Luc Mélenchon veut juste l’hégémonie et est prêt à sacrifier la gauche pour ses 16% plafond de verre, pour ne jamais gagner au second tour, s’il daigne arriver à passer le premier tour ;

-Fabien Roussel en veut à Jean-Luc Mélenchon pour le SMS de « la mort et le néant » mais finalement ne travaille pas à donner une nouvelle définition du communisme français en 2026 (vraiment différent d’un socialisme démocratique traditionnel) ;

-Sandrine Rousseau tente l’anarchisme et cancellisme américains, alors que ce n’est pas notre culture ; les anarchistes ayant toujours été à la marge ; sauf les proudhoniens, car héritiers du socialisme utopique, qui s’est refondu dans le socialisme jauressien et blumien ;

-Les Sociaux-Démocrates (SD) ont décidé de faire la peau au vieux parti d’Epinay et de le tailler en pièce pour leur ligne, qui ne gagnera pas, car leur ligne centriste a été éprouvée par le macronisme ; oui il pourrait y avoir un centre-gauche minoritaire et influent qui porte sa voix auprès du socialisme-écologisme traditionnel (ce qui reste de la gauche) et du néocommunisme (en gros la FI sans les défauts de la FI), les Boris Vallaud, Raphaël Glucksmann, François Hollande, croient pouvoir gagner et se partager l’argent du PS et la potentielle vente du siège de Vanzuppe (acheté après la vente de Solférino) ; Ils ne sont pas crédibles, leur campagne est désastreuse (cf Raphaël Glucksmann) ; comment un ancien président qui a dérivé centriste et s’est dédit d’un « Jospin + » minimum, qui aurait dû être sa ligne de 2012 à 2017 et nous sort, il y a quelques jours des mesures dignes du centre-droit modéré : retraite à 63 ans (feu de la retraite à 62 ans, qui avait été de son fait) et TVA sociale à 24%. Le divorce est consommé, c’est la fin définitive du PS d’Epinay, déjà mort en avril 2017, après la défaite consécutive du quinquennat de François Hollande puis de Benoît Hamon au premier tour de la Présidentielle. Le Parti se divisera après juin : les SD iront former un grand parti centriste avec Raphaël Glucksmann… et nous ?

Nous ? Nous, nous devrons reconstruire la gauche, sur un énoncé de principes de « Je vote pour » (comme le message de la campagne de Benoît Hamon, de 2017), les néocommunistes devront s’occuper de leur branche, après la défaite de Jean-Luc Mélenchon. Nous, nous portons le sérieux, la ligne, LA gauche non pas unique et exclusive, mais LA gauche au sens Jaurès et Blum, éternels repères de notre camp, des penseurs de la gauche utopique également (vers les années 1820) et finalement ce que nous devons appeler le postmarxisme : la pensée marxienne, à travers une analyse débarrassée des filtres SD, PC, mais aussi du postkeynésianisme. Nous, à nous de repenser une société coopérative, humaniste, solidaire, qui pense une alternative sociale, écologique et économique au financiarisme (en gros le nixonisme-reaganisme, qui a cours depuis le cours des années 70 et la réalisation de la fameuse école de Hayek et Friedman). Et en gros ? En gros, Olivier Faure, que l’on peut critiquer pour son charisme modéré, n’en demeure pas moins le Dernier des Mohicans du socialisme-écologisme mâtiné de Jaurès, Blum, des socialistes utopiques, mais aussi d’Elisée Reclus (un célèbre anarchiste écologiste du XIX° siècle). Il devrait présenter sa candidature à la « petite » Primaire des socialistes (est-ce que certains, à défaut d’en avoir toujours le titre, le sont toujours ? , ça c’est une autre histoire !). J’ai décidé de le soutenir, oui toute la perfection des conditions ne sont pas réunies, mais est-ce de ma faute ou de celle d’Olivier Faure ? Peu, objectivement, j’ai déjà cité les fautifs. Lui seul pourra demeurer le rempart de la fameuse « Vieille Maison ». Mais j’espère bien la voir rénover, dans les prochains mois et les prochaines années et prospérer à nouveau, un jour comme alternative réelle pour la France, l’Europe et le monde. Et qui sait, peut-être dès 2027 ? Mais ça, c’est une autre histoire. Allez, haut les cœurs !

 

mercredi, mai 18, 2022

Soutien à Pierrick Courbon et "mise en congé pour une durée indéterminée" de Générations

 Ce mercredi 18 mai 2022, ça y est , le moment est arrivé, Pierrick Courbon est candidat de gauche pour la première circonscription de la Loire ; ce moment, nous étions nombreux et c'est mon cas, à l'attendre. En effet, nous n'avons toujours pas compris au nom de quoi , EELV a placé une autre candidate pour la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale) sur cette première circonscription de la Loire, qui correspond à Saint-Etienne Nord, Villars, Saint-Jean-Bonnefonds, Saint-Priest en Jarez, Saint-Genest-Lerpt et Roche-La Molière. 

Je vais y revenir dans l'explication, mais j'apporte mon soutien à Pierrick Courbon et Régis Juanico, son remplaçant, qui est le Député sortant. Apporter mon soutien à Pierrick et Régis, c'est d'une évidence. Pierrick, je le connais depuis 13 ans et notre militantisme commun au MJS, il était animateur fédéral de la Loire et son humanisme, son affabilité, son sens politique, mais aussi la masse de travail qu'il abat, fait que je respecte au plus haut point sa candidature et ses raisons, légitimes, pour l'Intérêt public, avant son intérêt personnel, quoi qu'en disent les mauvaises langues.

On sait tous qu'il y a de l'ambition en politique, mais Pierrick fait partie de ceux qui possèdent davantage d'émulation pour les gens que l'ambition juste pour soi. Et en face il y en a de l'ambition, qu'on arrête de se cacher derrière son petit doigt!

Pourquoi , c'est mon analyse mais elle est partagée, pourquoi Pierrick est le mieux placé?

*Pierrick est implanté avec Régis , depuis 10 ans sur le terrain (Régis, c'est 15 ans), il connait et a de bonnes relations avec de nombreuses personnes sur son canton, sur la circonscription. Il va à toutes les manifestations, fêtes, organisations qui le concernent comme élu et donc, je ne comprends comment on n'a pas la conception à Paris que la conception du travail d'élu local mais de Député décrite dans "Engagements", le livre de Régis Juanico: un/e élu/e local/e un/e Député/e ou futur/e Député/e doit labourer sans cesse le terrain, tout en connaissant ses dossiers nationaux (en choisissant des spécialités, mais aussi les points essentiels) sur le bout des doigts !

Le résultat c'est que Régis a été élu 3 fois (dont réélu 2 fois) comme Député et 4 fois (dont réelu 3 fois) comme Conseiller départemental, que cela a été le Député le plus assidu de l'Assemblée Nationale (ou quand cela a oscillé, dans le le Top 3, pas mal sur 577 !), avec kyrielle de Rapports parlementaires, de participations à Commissions spéciales, comme Rapporteur de la Loi, comme co-rédacteur et parfois même rédacteur principal de Lois ... C'est difficile de faire mieux! Et il aurait pu ne pas le faire, mais il a respecté sa promesse, ce qui n'est pas toujours évident en politique, Régis ne se représente pas comme Député en fonction et en titre. Simplement, on comprendra que l'équipe challengeur à gauche aurait bien aimé l'avoir comme soutien de leur campagne.

On notera que Pierrick pendant la municipale a noué des contacts bien évidemment solidaires avec ses colistiers qui  seront un relais pour Pierrick. Et bien-sûr , toujours la population stéphanoise et des communes septentrionales du Bassin.

*Entre 2017 et 2022 pour le local, c'est simple, c'est bien le bloc Générations/PS qui a été en tête sur la circonscription: aux Municipales de 2020, le PS fait deux fois le score d'EELV, Najat Vallaud-Belkacem est en tête à Saint-Etienne aux régionales de 2021, sans compter bien-sûr que le bloc Générations/PS a remporté deux cantons sur trois de la circonscription aux départementales de 2021.

Ok EELV, a été en tête pour les Européennes et bien évidemment FI en tête pour les Présidentielles. Néanmoins, la non-candidature de Pierrick pour la NUPES n'a pas été comprise par bon nombre d'électeurs, de commerçants et de responsables associatifs. Il ne va pas falloir aller chercher que les convaincus pendant cette élection législative, donc être reconnu par son travail, c'est un atout. Même seul, EELV n'est pas en mesure de gagner face à LREM, sur la première circonscription de la Loire.

Ensuite, parlons du fait quand même qu' EELV, Générations et Génération Ecologie ont voté par le biais de leurs organisations militantes démocratiquement pour l'accord de février 2022, mandatant Pierrick Courbon pour Générations et le Comité départemental Générations Loire. On parle de respect des accords, que celui soit respecté et après on discutera de respect des accords et chicanes politiques!

Enfin, EELV n'a respecté non plus la loyauté de Régis , qui dès l'après-premier tour des Primaires écologistes a appelé à voter Yannick Jadot en septembre 2021, a fait avec enthousiasme la campagne d'un des leaders/personnalités importantes d'EELV, aussi parce que Yannick Jadot et EELV avaient accepté de se retirer en 2017 pour Benoît Hamon. Régis a été le Délégué national pour Jadot 2022 sur le Sport, apportant au candidat et donc à EELV aussi, le programme le meilleur et le plus structuré de la campagne sur le Sport, reconnu de tous pour sa qualité et sa profondeur en termes de propositions. C'est comme cela que la loyauté de Régis a été "respectée" et "reconnue" ! ,  du fait qu' EELV ne choisisse pas d'écouter le souhait du candidat sortant et bien-sûr le vote de février 2022.


Parlons un peu de Générations, dont je respecte les militant/e/s, c'était une maison où je me sentais bien, même si la mise en place de l'organisation au national et le lien national/local a été très complexe à se faire, mais je peux comprendre les difficultés, même si l'horizontalité a eu du mal à être appliquée (plusieurs camarades, ex-membres de Générations en ont pâti). La seule chose que je pourrais dire à part que je me mets "en congé pour une durée indéterminée" de Générations et au revoir (je souhaite aux camarades une bonne continuation),  c'est que c'était aussi à Générations de faire respecter l'accord de février 2022 et qu'effectivement le vote, la volonté du Comité départemental de Générations Loire soient respectés et entériner que Pierrick était bel et bien le candidat de la NUPES. Bon, il sera le candidat de la gauche et de l'écologie de terrain et pour les gens.

Je souhaitais aussi rendre hommage à tout le travail d'Arlette Bernard comme Députée remplaçante auprès de Régis. Arlette, comme Régis et Pierrick, a fait un travail incroyable et je tenais à le dire.

Je précise, que dans ma circonscription de vote, cela va de soi, je vais voter pour le candidat de la NUPES, donc ce n'est pas décidément pas une question de ne pas chercher à faire l'union, mais aussi de regarder la meilleure stratégie pour gagner, sur le terrain.

Et maintenant , place à la campagne !


mardi, février 22, 2022

Ma réponse au communiqué de Jean-Luc Mélenchon sur l’Ukraine du 21 février 2022 :

 Si la Russie n’est pas un pays ennemi et qu’il serait préférable d’avoir de bonnes relations avec lui, il n’en demeure pas moins que nous devons avoir aussi de bonnes relations avec un autre pays ami, l’Ukraine et que la Russie doit avoir des bonnes relations avec ses voisins frontaliers à l’ouest : Norvège, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Biélorussie (et notamment respecter la volonté du peuple biélorusse sur les élections de 2021) et Ukraine.

L’intérêt de notre pays, c’est quoi ? La paix en Europe, le respect des Etats européens entre eux, le respect de la souveraineté et la construction d’une amitié durable entre les peuples de l’Europe. Et à terme, arriver à une Alliance européenne.

La question première et principale qui prévaut dans cette crise ukraino-russe de 2021-2022, c’est la souveraineté et le respect des frontières de 1991, reconnues internationalement, de l’Ukraine. Et je ne vois pas pourquoi le communiqué de Jean-Luc Mélenchon remonte à Pierre le Grand et Catherine II, l’Empire russe c’est fini, l’URSS c’est fini et il y a 15 Etats souverains dont les frontières ont été reconnues internationalement en 1991.

« Pas de négociation de frontières », mais il y a eu un commun accord à la réunion de Minsk le 8 décembre 1991, quand l’URSS s’est dissoute (avant la démission de Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev, comme président de l’URSS, le 25 décembre 1991) et donc les Républiques fédérées devenaient indépendantes, elles gardaient leurs frontières définies du temps de l’URSS. Pourquoi n’y a-t-il pas eu accord alternatif et contestation à Minsk en décembre 1991, si cela n’avait pas été le cas ?

Et parler du Kosovo, déclaré unilatéralement indépendant, c’est bien, mais on peut parler de l’indépendance unilatérale de la république autonome moldave de Transnistrie (russophone) en 1992 et de la guerre qui a suivie entre Russie et Moldavie. Ce fut un fait accompli, non pas en lien avec les Etats-Unis, mais bien avec la Fédération de Russie et ce, 16 ans avant l’indépendance unilatérale du Kosovo. Et donc cette déclaration de reconnaissance des républiques rebelles et séparatistes en Ukraine n’est pas une réponse à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN :

-parce que 1/l’Ukraine ne rentrera pas dans l’OTAN, plusieurs membres de l’OTAN y sont opposés ;

-parce que 2/ce n’est pas une réponse de la Fédération de la Russie, mais un acte qui est juste la volonté de la Russie, sans qu’elle soit une réponse à quoi ce soit. Le Président russe Vladimir Vladimirovitch Poutine, veut juste démanteler la République d’Ukraine et la remettre sous le joug et l’influence russes, comme pour la Biélorussie et l’aide à la répression présidentielle d’Aleksandr Grigorievitch Loukatchenko, de la révolte biélorusse en août 2021.

Le Président russe n’a pas « dû comprendre que la décision était déjà prise et qu’il ne pourrait jamais obtenir de garantie sur ce sujet. Il a vu que les USA ne lui cédaient rien sur ce point depuis le début de la crise » , l’OTAN refuse à l’Ukraine son entrée, pour ne pas envenimer la situation et en revanche, c’est normal d’alerter quand on voit les troupes russes au frontières russes et biélorusses de l’Ukraine et de faire de la dissuasion en Pologne, Lituanie, Lettonie, Roumanie et Bulgarie pour signifier qu’une entrée des troupes russes en Ukraine, y compris « les républiques séparatistes » officiellement et reconnues internationalement comme parties de la République d’Ukraine serait une invasion de l’Ukraine. C’est juste que Joe Biden, les dirigeants européens ont réagi, alors que le Président russe a cru que le retrait de l’Afghanistan, était une carte blanche pour faire ce qu’il voulait aux frontières ukrainiennes et éventuellement sur le sol souverain ukrainien.

Nota : la Russie non plus n’a pas appliqué les Accords de 2015 de Minsk, il n’y a pas que l’Ukraine qui ne l’a pas fait. Et ainsi, oui on doit éviter la guerre entre Russie et Ukraine, mais oui on doit rappeler que les frontières souveraines de l’Ukraine sont celles de 1991 et que le coup de force du Président russe pour remettre le joug à l’Ukraine depuis 2004 et 2014 s’est soldé par le fait que l’Ukraine s’est tournée durablement vers l’Union Européenne.

Si une entrée de l’Ukraine dans l’OTAN n’est pas souhaitable, il convient instamment que l’Union Européenne facilite rapidement l’entrée de la République d’Ukraine dans l’Union Européenne. C’est bien de reconnaître une escalade russe, Jean-Luc Mélenchon, mais il faut aller jusqu’au bout : la crise ukraino-russe de 2021-2022 est le fait unique du Président russe.

L’Union Européenne et l’Allemagne au premier plan verront ce qu’ils font sur le cas du gazoduc en Baltique Nord Stream, ce jour 22 février 2022, ce matin : le Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne a suspendu le projet Nord Stream 2.  Et si je critique le Président Emmanuel Macron sur plusieurs questions, je dois dire avec honnêteté, qu’il a fait le job dans la négociation diplomatique, il s’est posé en arbitre, il faudrait Jean-Luc, que tu puisses le reconnaître. L’opposition oui, savoir reconnaître quand quelqu’un qui n’est pas de son camp agit correctement, aussi. Pour finir, la conférence des frontières, concernant les ex-Républiques fédérées soviétiques, est simple : ce sont les frontières de 1991. Quant à la question des frontières balkaniques, la candidature à l’adhésion à l’Union Européenne, de plusieurs Etats ex-yougoslaves et de l’Albanie, permettra aux désaccords d’être réglés.

samedi, janvier 08, 2022

Ecosocialisme, notre sillon impérieux

 Cet article fait écho, s’inscrit au global dans ce que dit Hervé Kempf in "La gauche sera écologiste ou disparaîtra" ) , sur le site Reporterre , que je conseille à tous et qui est le média n°1 à mes yeux pour s’informer des questions écologiques en les liant à la politique.

En tant qu’historien de métier et de formation, je connais les liens forts et originels qui unissent le socialisme historique (depuis les années 1820 et donc les prémices se trouvent dans le babouvisme, avec Gracchus Babeuf, exécuté en 1797 et finalement un éventail de positionnements révolutionnaires : girondins, jacobins dantonistes et jacobins robespierristes) et l’écologie sociale et populaire (car il y a une écologie de droite, en lien avec les conservateurs naturalistes comme dans la Confédération Germanique…). Et je sais que nous ne pourrons pas y échapper, la gauche deviendra l’écosocialisme (ou avec les nuances possibles d’écocommunisme). 


Il existe plusieurs raisons du désaveu de la gauche depuis ces vingt dernières années : la rupture de François Mitterrand par rapport à une apparence de programme marxisant en 1983, mais pire et plus profond encore , le changement de cap libéral centre-droite de janvier 2014 de François Hollande, déjà entamé en choisissant Emmanuel Macron, qui n’a jamais été ce qu’on appelle à gauche (donc social et un chouya marxisant, même très tendre et Deuxième Gauche) comme Conseiller économique à l’Elysée, mais aussi la non-réponse à la mondialisation libérale, la non-réponse à « Que faire après la chute de l’URSS ? » pour reparler du socialisme historique, le fait de ne pas avoir travaillé idéologiquement sur les concepts à la fois anciens mais toujours utiles : coopératives, autogestion, question de la propriété, question de la tactique contre les multinationales, comment continentaliser et démondialiser, comment y associer toutefois l’internationalisme, où placer l’Union Européenne dans cet internationalisme sans qu’il ne devienne anti Service Public monopole d’Etat, technocrate, mettant de côté la souveraineté populaire et donc froidement libéral de droite, travailler sur un nouveau Contrat social, républicain, parlementariste, citoyen et constitutionnel. Et bien-sûr l’écologie et là je suis pleinement d’accord avec Hervé Kempf. 


Tout cela et la perte aussi de la méthode d’une formation rigoureuse des militants et sympathisants, que je qualifierais de « structuraliste », fondé sur l’Histoire de France, d’Europe et du monde, celle du mouvement ouvrier, du socialisme historique et de l’écologie sociale, mais aussi de la géopolitique, de la sociologie, font que peu à peu là où on avait des militants pas forcément issus de la petite bourgeoisie ou des classes moyennes plus aisées, mais aussi des paysans, des ouvriers, des classes moyennes modestes mais bien formés, ayant acquis un statut de militant intellectuel et de terrain, on est passé pour partie (mais la partie a eu tendance à devenir pléthorique, avec le temps) à des personnes ambitieuses cherchant un siège électoral. Le nomenklaturisme. Nomenklaturisme qui a mené à la sclérose de la gauche dans son entièreté, mais en premier lieu bien-sûr la social-démocratie, qui a longtemps mené la gauche et qui a longtemps souffert d’être hégémoniste. Bien évidemment, le fait de « vouloir faire, agir » en étant élu et donc donner corps à ses idées, c’est plus que louable. Là où la machine s’est enrayée, c’est sur deux points : le fait de ne pas faire des militants formés, éligibles ou élus de toute classe et le fait d’« être élu pour être élu » (transformation des partis en écuries électorales). Si on ajoute à cela, par lassitude et disons-le, fainéantise, la délégation des dirigeants, cadres des partis du travail de composition intellectuelle à des think tanks qui pré-mâchent des éléments de langage et de la pensée toute prête en conserve, on comprend le désastre…
Avec pour conséquence, des partis qui deviennent hors-sol, des élus pas tous, mais certains, trop dans la vitrine de la pensée (et non réfléchir par soi-même, nuancer, argumenter, structurer telle la linguistique structuraliste et agrémenter cela d’une très solide culture générale). Les think tanks auraient dû être des universités des militants et centres de recherche pour former TOUS les militants à travailler les idées et les données. Alors évidemment cette pensée hors-sol devenant centriste de droite, forcément, cela a plus que déçu ceux qui tenaient au jauressisme, marxisme et l’écologie sociale. 


La gauche doit donc se mouvoir en gauche écosocialiste (et porter ce nom, associer d'office social, marxisme et écologie, porter nos trois couleurs à parité: le rouge, le rose et le vert), car l’adjonction des trois urgences est une évidence : 


 *l’urgence sociale, et ce finalement depuis la création, l’exploitation et la précarisation de la classe ouvrière. Aujourd’hui la mondialisation dans sa version seule et unique de globalisation néolibérale et ce depuis les années 70-80 et les attaques thatchériennes et reaganiennes fait que les écarts de richesse d’accroissent, que la justice sociale, les Etats Providences s’affaissent au moins un peu et que la logique de République sociale de Jaurès ne peut advenir ;
 *l’urgence écologique car depuis les années 1840 et jusqu’à aujourd’hui en passant par le pic de pollution des années 1920-1960, nous avons troué la Couche d’ozone (refermée depuis) mais tous les gaz à effet de serre vont mettre des années et des années à retomber et à retrouver un effet de serre acceptable et n’oublions pas, même si c’est tout à fait normal que les Pays en Voie de Développement s’industrialisent (car l’industrialisation demeure la capitalisation économique et termes d’infrastructures et d’emploiement la plus efficace),
il n’en demeure pas moins que la pollution déjà très forte et à venir de la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, l’Iran, l’Angola, le Brésil… ne vont pas permettre telle que la situation actuelle existe ou future majorée ou existera, à atteindre au maximum le 1,5° de plus, recherché dans les différentes COP (Conferences Of Parties en anglais, qu’on pourrait traduire par Conférences sur l’Organisation de la Planète pour reprendre le terme de Michel Rocard, la « BOP » : Bataille pour l’Organisation de la Planète) et donc il faut trouver des moyens efficaces, concrets et réels pour ajuster les Trois piliers du Développement Durable/ou Soutenable : l’économique, l’environnemental et le social ;
 *l’urgence démocratique , on le voit en France, en Italie, aux Etats-Unis (et bien évidemment dans les régimes autoritaires voire pleinement dictatoriaux et totalitaires), comme le disait Albert Camus, « Quand la démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet et ce n’est pas pour prendre des nouvelles» , la volonté de revenir sur l’Idéologie bourgeoise décrite par Karl Marx dans « L’Idéologie allemande » à savoir non seulement l’exploitation économique mais aussi la domination culturelle et politique, donc l’autoritarisme, jouer sur la division du peuple (d’où le « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous »), sur des faux semblants (aujourd’hui on dirait « fake news » et « postréalité » trumpiennes) est flagrante. 

 

Et d’ailleurs si on veut mettre en boîte la gauche, ce n’est pas pour rien… « les gauches irréconciliables », cela vient d’une personne déjà convertie à la droite, qui voulait que la France soit sur le système italien, irlandais, israélien ou canadien, là où il n’y a pas de gauche prête à arriver au pouvoir mais juste là pour témoigner. Evidemment, nous le pays révolutionnaire de 1789, 1830, 1848, de la Commune de 1871, du CNR et de la Sécurité Sociale et de Mai 68, jamais nous n’accepterons cela !
Ainsi jamais nous ne devons oublier 1789, 1792 et la République, les Ateliers Nationaux de mars 1848, l’utopie de démocratie directe de la Commune de 1871, l’autogestion, notre corpus marxiste, proudhonien, jauressien. C’est notre socle à gauche. Socle à gauche qui comporte, même si c’était une branche minoritaire et peu entendue, celle de l’écologie sociale : pleinement née du socialisme historique et de l’empreinte républicaine et marxisante avec Elisée Reclus (1830-1905), mais aussi et là nous avons raté l’annonce du train et le train lui-même : la social-démocratie scandinave qui est depuis longtemps écologiste, avec Olof Palme qui organise la première grande Conférence internationale écologique sous le patronage de l’ONU à Stockholm en 1972 et bien-sûr Bro Grundtland, ancienne Première-Ministre norvégienne qui rédige en 1987, le Rapport pour l’ONU sur le Développement Durable/ou Soutenable. Ces deux premiers-ministres ont marqué la gauche et le socialisme historique à l’international par leur attachement à l’écologie sociale et populaire. On aurait bien fait dans la gauche française, de copier l’éthique, la volonté de probité absolue, la recherche de la démocratie interne et externe coûte que coûte et l’écologisme de la gauche scandinave. Et là où la SFIO créée en 1905, le Parti Communiste crée en 1920, le Parti Socialiste crée en 1972, on n’a pas eu de Congrès d’écologisation du socialisme historique. Il a fallu que des camarades copient les Grünen ouest-allemands en créant Les Verts en 1984.
Les altermondialistes fin 1990, début des années 2000 ont embarqué dans cette continuité rose-rouge-verte. La gauche se trouve donc forcément historiciste et assumant son héritage historique, sans le renier ou avoir à le renier. Et je suis pleinement d’accord, nous n’avons pas compris que le système actuel à bout de souffle, non seulement exploite l’humain, casse le social, mais aussi par la recherche du profit maximal, met en danger et en cause notre habitat, la Terre. Et il va bien falloir revoir notre modèle de production, pour le convertir en un Green New Deal fort, véritable tamis indispensable où passeront toutes les politiques, pour sauver notre environnement, les biotopes, mais aussi la chaleur et la solidarité humaines. Les bourgeois ne craignent pas, à coups d’euros, dollars, yuan… etc les temps à venir, en revanche les classes moyennes et populaires vont casquer socialement, écologiquement et démocratiquement. 

L’article d’Hervé Kempf rappelle bien pourquoi et comment la spoliation des biens et des appareils de production concernent aussi les ressources, si l’eau vaut de l’or, la Bourgeoisie aura tout intérêt à la faire coter en bourse et les Batailles de l’eau en Bolivie dans les années 2004-2006 ou les troubles liés à cela au Tchad, Mali, Egypte (fin années 2000 avec les révoltes, révolutions et naissances de mouvements terroristes) ne démentent pas ce fait. De surcroît, on (la technocratie centriste/de droite et libérale économique) veut faire payer les moins aisés, que ce soit par des taxes per capita touchant davantage les classes moyennes et populaires, car fixes et non progressives plutôt que de toucher au Capital et à l’organisation de l’économie, des industries, des transports privés à caractère commercial : 17 max-cargos containers polluent plus que l’ensemble des voitures du monde et la réduction voire le passage total des camions au ferroutage (+véhicules moins polluants pour relier localement) va susciter des cris d’orfraie et des levées de boucliers presque plus bruyant que la technique de la Tortue des légionnaires romains… 


Cependant oui il faudra passer par là, la Loi somptuaire et la prise dans la bourse du Capital, d’abord et surtout. Et oui l’écosocialisme est un interventionnisme étatique dans l’économie et l’organisation de la production. Le tout est qu’il se doit d’être démocratique, voté, amené par le débat et non par une Lutte des classes et des modèles des milieux, qui se voudrait une résistance armée contre la Lutte de la Bourgeoisie pour la Bourgeoisie et son modèle de milieu au strict service du Profit et du Capital. En clair, il s’agit d’ajouter à la Constitution et dans les modèles démocratiques, la République (ou la Démocratie pour les Monarchies constitutionnelles) écologique en plus de la République sociale et de la Sécurité Sociale. Il faudra revoir notre modèle de production, énergétique, de transport et devant passer un Green New Deal permettant le bien-être, les emplois, le social, la marche de l’économie mais avec moins de profit sans retomber dans le productivisme, ni bien-sûr sans tomber dans l’écologie hyper-environnementaliste anarchiste (que certains appellent Deep Ecology). Tempérance et modération raisonnée.  

Progrès, même d’une certaine manière, une certaine croissance (tout ne croitra pas, mais tout ne décroitra pas non plus) et Ecologie du Green New Deal fort du Développement soutenable sont compatibles. En gros l’écologie environnementale de la gauche scandinave ou de l’aile droite d’EELV, mais avec une bonne dose de Première Gauche véritablement réformiste et de transformation sociale. Les salaires, les emplois, les bons postes de travail, ça compte aussi et ça compte beaucoup, comme de juste (Cela n’empêche pas la logique de 32h, Sécurité Sociale Professionnelle, Revenu Universel, … les trois sont complémentaires, Première Gauche, Deuxième Gauche et Ecologie).



Donc maintenant la gauche, au boulot !! Unissez-vous, faites un Programme Commun, fondez un nouveau parti de masse marxisant et écologiste et gagnez-nous ces élections en France, en Europe, en Asie, en Amérique du Nord, Amérique Latine, Afrique, Océanie.