A PROPOS

Je suis de gauche depuis l'enfance.Je suis membre de la CFDT depuis 2008.


mardi, avril 19, 2011

Elections fédérales canadiennes:enfin trouver une longueur d'onde entre les pays frères québécois et canadien

Le 2 mai prochain , suite à la dissolution de la Chambre des Communes canadienne, les citoyens canadiens vont être appelés à renouveler la partie majeure du parlement fédéral. Quatre concurrents principaux sont en lice: Stephen Harper, premier-ministre de droite sortant (Conservateurs), Michael Ignatieff du centre-droite (Libéraux), Jack Layton socialiste du Nouveau Parti Démocrate et Gilles Duceppe de gauche et souverainiste (Bloc Québécois).
Notons au passage qu'aucun des quatre grands partis ne présente de femme comme meneuse de liste.
Cet article est aussi une lettre ouverte à Jack Layton et à Gilles Duceppe, les représentants de mes deux partis favoris, si j'avais à voter.
En effet ces deux partis sont de gauche et proposent un ensemble au Nord de l'Amérique de progrès et d'ouverture. Toutefois il existe un désaccord majeur, le fameux prisme fédéraliste opposé à celui du souverainisme. En effet seul le Bloc Québécois, représentant fédéral du Parti Québécois, souhaite l'indépendance du Québec.
Les Québécois et encore plus les autres francophones ont vécu depuis le XVIII° siècle une domination et une volonté de domination qui s'est souvent exprimé par la force: le Grand Dérangement acadien qui est en réalité une déportation des Acadiens hors d'Acadie produite par les autorités britanniques, la répression de la révolte des Patriotes québécois de Louis-Joseph Papineau en 1837, l'exécution sommaire de Louis Riel en 1885 parce qu'il a voulu défendre les francophones, l'interdiction de l'enseignement bilingue au Manitoba en 1890; Sans compter les renoncements du pouvoir fédéral face aux promesses faites aux Québécois: l'accord de Charlottetown en 1871 ne s'est pas suivi d'une autonomoie québécoise comme prévue ou l'accord du lac Meech en 1990, a enterré la volonté des Québécois de ne pas donner de blanc seing à la constitution canadienne.
La question de la langue est un des fondements essentiels de la volonté d'indépendance du Québec, terre francophone dans un océan anglophone.

Je m'adresse tout d'abord à M. Gilles Duceppe.
M. Duceppe, vous représentez fièrement la volonté de beaucoup de Québécois de mener leur chemin propre vers la souveraineté. Cependant , vous ne pouvez pas adopter une attitude qui fait parfois penser à l'attitude des partis flamands face aux partis wallons et bruxellois. Une attitude marquée par une certaine exclusion.Quand vous dites que vous n'êtes pas canadien , que le Canada n'est pas votre pays. Ce n'est pas tout à fait vrai. Le Canada est né sous la Nouvelle-France, les nations canadiennes (québécoise, acadienne, autochtones, anglophone) ont vécu une histoire commune depuis le milieu du XVIII° siècle, une histoire souvent douloureuse et humiliante pour les francophones et les autochtones mais tout de même une histoire commune. On a parfois l'impression que vous mettez tous les anglophones dans le même sac. Cela peut blesser des frères anglophones de bonne foi et qui croient au progrès et à l'autodétermination des peuples.
Lors de votre allocution au XVI°congrès du Parti Québécois, vous attaquez injustement Jack Layton et le NPD. Jack Layton a fait montre du respect de la nation québécoise en insistant sur le droit à l'autodétermination des Québécois et en dénonçant la très forte ambiguïté de la scandaleuse loi référendaire Dion. Jack Layton est comme vous un socialiste, un défenseur du progrès et des travailleurs. C'est sincèrement aller contre votre camp socialiste. Car le Bloc Québécois et le parti mère le Parti Québécois sont bien des partis socialistes. J'espère d'ailleurs, à ce titre, que le Parti Québécois entrera bientôt dans l'Internationale Socialiste. Le parti frère, le NPD y est déjà. Je m'étonne que le Bloc Québécois ne se déclare pas Bloc Francophone en voulant faire respecter le droit des Canadiens français, une nation multiforme qui a le droit autant au Québec, qu'au Canada "anglais" d'exister et de jouir de ses droits. J'espère qu'à la prochaine élection fédérale, il y ait des candidats dans les deux autres provinces où l'on trouve le plus de Canadiens français: l'Ontario et le Nouveau-Brunswick.
Le but de la souveraineté est aussi de proposer la citoyenneté québécoise aux francophones qui le voudront, même "hors-sol", quand bien on n'estimerait pas que le Canada n'appartienne pas également aux Canadiens français.
Je souhaite de tout mon coeur une victoire prochaine de Pauline Marois à l'Assemblée Nationale et une réalisation de la souverainété de la nation québécoise.

Je m'adresse ensuite à M.John Gilbert Layton dit "Jack" Layton
Vous êtes le représentant d'un parti qui défend réellement la dignité humaine, le droit des travailleurs et vous faites montre d'une vraie ouverture interculturelle, bien au delà du simple poncif des "communautés", vous avez en vous l'universel.
Je sais que ce n'est pas facile de penser le Québec autrement qu'en province canadienne, je sais surtout que ce n'est pas facile de convaincre parmi vos collègues anglophones ou des citoyens canadiens anglophones sur le pourquoi du besoin des Québécois de souveraineté. N'ayez crainte, cela ne peut être un adieu ni un au revoir plein de tristesse, quand on regarde les liens qui unissent les Canadiens francophones des Canadiens anglophones. La souveraineté sera nécessairement un e souveraineté-association, issu de la géniale idée de René Levesque qui a vécu en terre acadienne, qui n'a pas peur des anglophones. Sa loi 101 n'a jamais exclu les Québécois anglophones. La souveraineté-association sera comme le frère qui prend une autre chambre pas loin de la soeur , pour avoir son pré carré.Beaucoup de choses resteront en commun: la coopération économique, la monnaie, la coopération militaire. Je suis même sûr que le Québec donnera l'esprit au reste du Canada d'un Etat social, le "real welfare State". Il s'agira de l'équivalent de l'Union Européenne au Canada, une Confédération canadienne qui comprendra le Canada (probablement une république) et le Québec qui travaillera aussi bien avec l'ALENA qu'avec l'Union Européenne.
Bien évidemment cette préparation à la souveraineté ne se fera pas d'un coup de claquement de doigt, de manière non préparée et concertée. La première étape sera probablement une vraie autonomie québécoise avec la reconnaissance de la compétence exclusive québécoise concernant les questions linguistiques.
Le Canada et le Québec sont bel et bien deux pays frères (comme la République Tchèque et la Slovaquie).
J'espère de tout coeur que vous serez le prochain premier-ministre du Canada.

jeudi, mars 24, 2011

On a besoin d'un projet de la gauche

Le 1er tour des cantonales a été marqué par deux faits importants: l'abstention à près de 70%, ce qui est énorme et la stabilisation du Front National qui certes fait un peu moins de voix qu'en 2004 mais qui s'ancre dans la vie politique, à un niveau assez haut. Doit-on en tirer la conclusion que 15 à 20% du pays serait raciste? Non, pas à ce niveau là. Ce qui semble clair, c'est que les électeurs ont en marre de la forme ancienne de la politique. Trop hiératique, trop venue d'en haut.
Les gens veulent du concret: "comment on crée des emplois non-précaires?, comment on réhausse les salaires? comment on répond à l'insécurité sur les personnes?" Et à cela s'est rajouté, "comment on pense notre modèle de production et d'énergie pour le futur ?"(suite à l'accident nucléaire de Fukushima , au Japon).
La deuxième chose c'est que l'abstention est assumée,c'est un acte politique, un ras le bol (comme d'ailleurs le vote FN qui est un parti anti-système), il faut prendre en compte ce ras le bol, car cela veut dire quelque chose sur les réponses qu'on doit apporter.
Et nous, depuis des mois et des mois, à gauche, on faisait quoi?: on se chamaille au PS, "primaires de confirmation ou de choix," l'impression que Jean-Luc Mélenchon qui tape plus sur le PS que sur l'UMP (même s'il peut y avoir des raisons de critiquer le PS), les Verts qui font des siennes au Conseil régional de Rhône-Alpes alors qu'ils gèrent avec le PS et le Front de Gauche la région.
Dimanche, un premier pas vers le besoin d'union de la gauche, malgré nos différences, a été marquant, avec Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (EELV) et Pierre Laurent (PC).
Maintenant il nous reste l'impérieuse nécéssité d'élaborer ensemble un projet , un pacte gouvernemental et législatif réglo, loin des rivalités, des volontés d'hégémonie et des chantages. Nous avons les cartes en main, à nous de les utiliser.

mardi, mars 08, 2011

Répondre autrement aux Français, aux Européens et aux citoyens du monde

Quand j'entends que la social-démocratie depuis 30 ans, au niveau social, n'a pas répondu aux attentes des gens comme argument de la hausse du Front National. Je me dis un mot : déconnexion. Déconnectons le contexte français du contexte européen (puisque la social-démocratie est européenne et plus précisément nord-européenne à savoir l'alliance du parti du peuple et du syndicat). Ce n'est pas le cas en France.
En effet, la gauche, a toujours eu à coeur, et entr'autres, le Parti Socialiste français, dans sa ligne fondatrice jauressienne de ne jamais méler réformes sociales et assurances privées. Le socialisme français, toutes tendances confondues, a cet aspect et ce crédo que c'est bien la solidarité publique et l'Etat qui arbitrent ces questions. C'est en cela que nous sommes différents des autres partis socialistes d'Europe du nord.
Les partis extrêmes montent en Europe car les Européens ont le sentiment que l'Europe est en déclin face aux puissances émergentes, il y a la peur d'une immigration massive (qui n'arrivera pas), en effet les difficutés sociales et aussi notons-le, un vieillissement de la démographie européenne. Quand on est plus vieux, on est encore , plus souvent conservateur.

Oui la crise est aussi le fruit du laissez-faire dans les pratiques financières et comptables au niveau international, politique surtout soutenue par les partis de droite, mais aussi parfois par des tendances dites de "la troisième voie socialiste"

Oui , il faut un changement global de la politique de la gauche , au niveau européen et mondial, mais sur le plan ECONOMIQUE.L'erreur que nous avons faite c'est de croire que le dialogue social pouvait arriver comme cela. Les endroits où les éditorialistes disent que le dialogue social fonctionnerait, sont l'Allemagne et les pays scandinaves, mais en réalité, il ne fonctionne que partiellement. La grogne et les luttes sociales existent aussi en Allemagne et en Scandinavie (d'où l'émergence de nouveaux syndicats comme VERDI en Allemagne).

L'autre erreur que nous avons faite est ne pas avoir voulu et su se coordonner pour élaborer une stratégie et une alliance du progrès au niveau économique. Nos conceptions encore trop contradictoires, ont abouti à cela. Nous aurions dû et nous nous devons de le réaliser,c'est une mise à niveau du PSE et de l'IS sur une conception de la société de transformation sociale.
Quand nous avions de 1994 à 1999, la majorité au Parlement européen et dans les années 90,la majeure partie des exécutifs nationaux, pourquoi ne l'avons pas nous mis en oeuvre? Probablement par manque d'audace et par égoïsme national.
En clair, un coup de collier plus à gauche, pour élaborer un plan plurigouvernemental entre gouvernements progressistes. Sur quoi se mettre d'accord? Sur l'idée de CONTRE-POUVOIR.

La mondialisation appartient d'abord aux peuples,pas aux patrons.

Ainsi il conviendrait de mettre sur pied de vraies institutions ayant poids et influence sur les décideurs économiques: une transparence des flux financiers, développer les banques et les entreprises coopératives,
et bien-sûr mettre en place au niveau de l'Europe un Conseil économique, social, durable et citoyen européen composé d'associations, syndicats, citoyens,ONG
et à l'échelle mondiale une Union mondiale des consommateurs (une vieille idée proudhonienne mais qui ne manque pas de modernité) affiliée à l'ONU et composée de la même manière que le Conseil citoyen européen évoqué ci-dessus.

Nos partenaires

Cela n'aura échappé à personne, depuis 2007, après la défaite de la gauche aux élections présidentielles, la gauche s'est en partie redessinée. Que ce soit la création du Parti de Gauche par Jean-Luc Mélenchon, juste après le Congrès de Reims en novembre 2008 ou l'émergence d'une forme nouvelle de mouvement issu du monde associatif mêlé à des organisations partisanes plus classiques: Europe Ecologie Les Verts, dès les élections européennes de 2009. Le Parti de Gauche, le Parti Communiste ,la Gauche unitaire et d'autres groupements ont fait de même avec le Front de Gauche lors de ces mêmes élections européennes.
C'est une bonne nouvelle, car le Parti Socialiste a vu qu'en 2007, la dynamique de partenaires suffisamment solides pour le report de voix lui a manqué en 2007.
Chacun cultive sa différence et son indépendance,cela va de soi et nous savons qu'à gauche, le modèle du parti unique type UMP, ne fonctionne pas. Il suffit de voir la volonté du centre-droite de s'émanciper de ce système. Différence et indépendance devant rimer avec respect et tolérance.
On peut parfois regretter que Jean-Luc Mélenchon ou qu'Eva Joly fassent des sorties trop sévères concernant la maison de la gauche, de même qu'on peut regretter que les pactes majoritaires soient respectés d'une manière intrigante et inutile, comme au Conseil régional de Rhône-Alpes (majorité PS-PRG-FG-EELV). On peut comprendre que c'est pour se singulariser, mais à force d'aller dans le singulier, il n'y a plus ni pluriel, ni singulier mais rien.
Cette période qui s'ouvre en 2011, en préparation des élections de 2012, avec nos projets respectifs et la nécessité de réaliser un pacte gouvernemental solide, s'annonce utile pour notre pays. J'espère qu'il y aura des Etats Généraux de la gauche comme de 1993 à 1995. Le Parti Socialiste depuis son dernier congrès a compris qu'on ne pouvait plus penser le socialisme sans social-écologie et bien-sûr en conservant notre volonté d'émancipation et de transformation sociales.

dimanche, février 27, 2011

The hope / " Al °Amal" in the arabic-speaking countries and Iran

The dictatorships give us the effect to fall or at least to vacillate one after the other, on the other side of the Mediterranean Sea. Sure this won't occur in two or three months, besides in all the countries of the region but we have to admit that it is about an "irresistible earthquake". The fear does not choke any more the peoples of these countries and the Tunisian click plays the role of epicentre of the shock wave. Egypt one month later followed itself then maintaining Libya. The immediate current event in Libya makes fear and know that Kadhafi bombards the populations is choking. Let us hope that it settles rather fast, because this day, we already speak about several thousand deaths.
Without wanting to mix everything, it seems that we have quite elements to speak about crime against humanity, it reminds attacks by massive weapon of the Kurds of Iraq by Saddam Hussein.However the hope appeared to me, this evening, in the newspaper of France 2, by seeing this Libyan woman organizing, in a kind of room of the congresses in Benghazi, the debates of the after Kadhafi. The whole in impeccable English. Who said that the Arabic peoples were uncultivated, subjected etc.? We are in front of more and more polyglot peoples, computerized, educated, base as a matter of fact for the development. The democracy stayed, which about 14 years after a report(relationship) of the UNDP, was the last necessary link for the real development. The development sustainable or bearable as we say (the social aspect includes naturally the freedom). The democracy thus brings the economic development and not the opposite. The dictatorship it is automatic the submission and the lead screed.
Too much knowledge represents for these dictatorships the most redoubtable poison.

We come to the beginnings of these revolutions and riots:Iran . In 1979, the revolution against the shah was repressed by mollahs fanatical about the absolute power. 2010 will have sounded the knell of the confidence in the regime. Even the more modest and often more conservative populations, which still supported the regime, do not support it any more, because disgusted by the immense corruption of mollahs. Now the regime bet completely on the education, including the girls, in to see them majority to the university. This long process has begin in 1998 with the election of Mohamad Khatami in the presidency. The population is by far, from Tunisia, the most secularized by the region. The young people swear only by the United States or Germany, the Russian or French literature.
These countries seem to build a balance between democracy and Islam, freedom of which that of the customs and continuation on the Turkish model. Challenge of sizebut completely possible for all the countries of the region.
And see three bordering countries (Tunisia, Libya, Egypt) freed or on the brink of being freedn we begin dreaming about an embryo of Arabic common market, where the Tunisian tertiary sector, the money of the Libyan oil and the situation of moving plate of Egypt would draw a completely complementary trio.

L'espoir / "Al °amal" dans les pays arabophones et l' Iran

Les dictatures nous donnent l'effet de tomber ou du moins de vaciller les unes après les autres, de l'autre côté de la Méditerranée. Ce n'est bien-sûr pas un mouvement qui se produira en deux ou trois mois, qui plus est dans tous les pays de la région mais force est de constater qu'il s'agit d'un irrésistible séïsme. La peur n'étrangle plus les peuples de ces pays et le déclic tunisien joue le rôle d'épicentre de l'onde de choc. S'en est suivi l'Egypte un mois après puis maintenant la Libye. L'actualité immédiate en Libye fait peur et savoir que Kadhafi bombarde les populations est suffoquant. Espérons que cela se règle assez vite, car à ce jour , on parle déjà de plusieurs milliers de morts.
Sans vouloir tout amalgamer,il semble que l'on a tout les éléments pour parler de crime contre l'humanité, cela fait penser aux attaques par arme massive des Kurdes d'Irak par Saddam Hussein. Toutefois l'espoir m'est apparu, ce soir, au journal de France 2, en voyant cette femme libyenne organiser, dans une sorte de salle des congrès à Benghazi, les débats de l'après Kadhafi.Le tout dans un anglais impeccable. Qui a dit que les peuples arabes étaient incultes, soumis etc...? On est en face de peuples de plus en plus polyglottes, informatisés, éduqués, la base en somme pour le développement. Restait la démocratie, qui près de 14 ans après un rapport du PNUD, était le dernier maillon nécessaire pour le vrai développement. Le développement durable ou soutenable comme on dit (l'aspect social comprend bien évidemment la liberté). La démocratie amène donc le développement économique et non le contraire. La dictature c'est d'office la soumission et la chape de plomb.
Trop de savoir représente pour ces dictatures le poison le plus redoutable.

On en vient aux prémices de ces révolutions et révoltes:l'Iran. En 1979, la révolution contre le shah se faisait étrangler par les mollahs, fanatiques du pouvoir absolu. 2010 aura sonné le glas de la confiance dans le régime. Même les populations plus modestes et souvent plus conservatrices, qui soutenaient encore le régime, ne le soutiennent plus, car dégoûtées par l'immense corruption des mollahs. Or le régime a misé à fond sur l'éducation, y compris des filles,au point de les voir majoritaires à l'université. Ce long processus a commence en 1998 avec l'élection de Mohamad Khatami à la présidence. La population est de loin , avec la Tunisie , la plus laïcisée de la région.Les jeunes ne jurent que par les Etats-Unis ou l'Allemagne,la littérature russe ou française.
Ces pays semblent construire un équilibre entre démocratie et islam,liberté dont celle des moeurs et continuïté sur le modèle turc. Défi de taille mais tout à fait envisageable pour l'ensemble des pays de la région.
Et voir trois pays limitrophes (Tunisie, Libye,Egypte) libérés ou à la veille d'être libérés, on se met à rêver d'un embryon de marché commun arabe, où le tertiaire tunisien, l'argent du pétrole libyen et la situation de plaque tournante de l'Egypte dessineraient un trio tout à fait complémentaire.

mercredi, février 16, 2011

La Turquie et l'Arménie dans l'UE?

Je profite de la remise à jour de mon blog pour faire un article sur cette question.
Tout d'abord ,on pourrait s'étonner que je lie ces deux pays à l'histoire commune conflictuelle.
-L'Arménie indépendante, fondée en 1918 sur les cendres du génocide qu'a perpétré le parti jeune turc Etihad de 1915 à 1918.
La Turquie, héritière de l'Empire Ottoman, qui pour faire pression sur l'Arménie,redevenue indépendante en 1991,organise le blocus de la frontière turco-arménienne en représailles de la lutte de l'Arménie contre l'Azerbaïdjan de 1988 à 1994. Staline avait en effet, pour affaiblir les nationalismes, attribué le Haut-Karabagh (et le Nakhitchevan) à l'Azerbaïdjan. Rappelons que l'Azerbaïdjan est à 90% azéri, ethnie dont la langue est proche du turc.-
J'estime qu'il serait symbolique pour le processus de normalisation et de paix entre les deux pays, que les deux pays entrent en même temps dans l'Union Européenne; ce d'autant que la normalisation passe bien entendu par la reconnaissance de la République Turque du génocide arménien et par des investissements économiques turcs en Arménie.
Les deux pays ont de nombreux liens avec l'Europe et l'on peut dire qu'ils ont une culture européenne. Entendons-nous bien, la notion de culture européenne ne signifie pas culture d'Europe de l'ouest! Après tout Chypre, la Grèce ont des cultures européennes orientales. En effet les liens entre Arménie et Europe commence dès l'Antiquité (empire romain) puis se perpétue au Moyen-Age (empire byzantin et Etat de Cilicie en relation avec les Croisés Francs), la langue et l'attachement religieux sont du même type qu'en Europe orientale et balkanique.
Et concernant la Turquie, au delà de la Thrace européenne (4% du territoire); il faut savoir que 50% de la population vient lointainement d'Europe (personnes turquisées et islamisées venues de Grèce, Macédoine, Bosnie,...)et le pays a commencé dès le milieu du XIX° siècle,un processus de modernisation copiée sur l'Europe de l'ouest et abouti dans le régime laïc d'Atatürk (lui-même venu de Thessalonique).Il s'agit du premier pays laïc musulman.
Pourquoi l'entrée de tels pays dans l'UE? Il existe encore des barrières , à l'entrée de la Turquie en Europe(économiques,blocage sur la reconnaissance du génocide arménien et des minorités comme les Kurdes), mais force est de constater que le sulfureux Tahhip Erdoğan a réformé son pays au niveau des droits de l'homme et représente de plus en plus un ambassadeur du lien Europe/Méditerranée et Moyen-Orient. La dernière actualité en date est la réaction du premier-ministre face à ce qui allait devenir la Révolution Egyptienne. Tahhip Erdoğan fut le premier chef de gouvernement à réagir en faveur du peuple égyptien.
C'est dire que la Turquie nous serait utile dans l'UE. En ce qui concerne l'Arménie, cela lui permettrait de se libérer en partie de sa situation d'Etat-tampon entre grandes puissances régionales: Turquie, Iran,Russie.