A PROPOS

Je suis de gauche depuis l'enfance.Je suis membre de la CFDT depuis 2008.


mercredi, janvier 06, 2016

Ma réponse à Roccu Garoby, Président de l'Alliance Libre Européenne Jeune sur « Pourquoi la France n'est ni "une" ni "indivisible" »

Ma réponse à Roccu Garoby, Président de l'Alliance Libre Européenne Jeune sur « Pourquoi la France n'est ni "une" ni "indivisible" »

Je suis de gauche, social-démocrate de gauche et progressiste. Je suis fédéraliste et girondin et certainement pas jacobin. Fédéraliste pour la France, fédéraliste pour l'Europe. Je ne suis pas indépendantiste pour quelque nation culturelle, historique et linguistique que ce soit mais bien fédéraliste, c'est-à-dire l'autonomie pour tous, pour toutes ces nations.
Tout d'abord, il y a bien des nations culturelles, historiques et linguistiques de langues d'oïl, contrairement aux cartes que montrent régulièrement l'Alliance Libre Européenne et non pas une nation française équivalent à une « seule nation d'oïl » et les autres groupes nationaux de langues régionales.
Ensuite je ne discute pas de l'unité de la langue d'oc, même si par ailleurs elle peut être discutée par certains linguistes ou certains groupes culturels et culturalistes, mais même si je reconnais l'unité de la langue d'oc dans sa diversité (auvergnat, limousin, marchois, guyennais, gascon, languedocien, vivarais, dauphinois d'oc, provençal, nissart), il y a bel et bien pour moi 10 nations d'oc en France (je ne compte pas les Aranais et les Occitans d'Italie), parlant la même langue mais avec des formes linguistiques différenciées au sein de la langue d'oc dont au moins une qui est associée au Pays arpitan (la nation dauphinoise d'oc). Je pose la question ouverte d'une double nation languedocienne et catalane, puisque le Languedoc d'Aragon (maritime) a longtemps été associé à la partie catalane du Royaume d'Aragon et de la Couronne d'Aragon et dont les deux langues sont très proches.


Un même constat d'assimilation culturelle et de linguicide

Les rois de France, puis l'Etat moderne français (que ce soit le Premier-Empire et le Second-Empire, la Monarchie restaurée et la Monarchie de Juillet ou bien la République, notamment la I° et la III° République) ont cherché à faire reculer les identités mais aussi les droits et libertés publiques régionales et bien-sûr les langues de France. L'Abbé Grégoire aussi vertueux fut-il dans sa volonté abolitionniste de l'esclavage, fut obtus et funeste dans sa volonté d'éradiquer les langues de France. Ainsi il déclare en 1794, devant la Convention : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton [breton]; l'émigration et haine de la République parlent allemand [alsacien et les trois langues mosellanes]... La Contre-révolution parle l'italien [corse] et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommage et d'erreurs»
Les armées républicaines n'ont pas respecté les populations locales et le droit à l'intégrité physique en perpétuant des massacres de masse dans le Nord-ouest de la France, fut-il davantage contre-révolutionnaire (noyades dans la Loire dans la région nantaise, colonnes infernales en Vendée, Anjou,...) mais aussi contre les régions fédéralistes, c'est-à-dire républicaines et pro-révolutionnaires mais soutenant les Girondins opprimés et persécutés politiquement (Lyon, Marseille,...).
La III° République a humilié les jeunes écoliers non-francophones en leur forçant à parler uniquement le français à l'école et en leur donnant le Symbole (équivalent du Bonnet d'âne) et en les punissant de coups ou de punitions plus classiques et surtout en leur donnant honte de parler les langues de France et leur exhortant à les oublier. Cela a duré jusque dans les années 60.
Certains de ces mécanismes ressemblent aux mécanismes de génocide culturel pratiqué contre les Amérindiens au Canada britannique puis souverain et aux Etats-Unis. Cela a causé une énorme dépréciation de soi et de sa culture, des dépressions, de l'alcoolisme et des suicides. Ces linguicides et ces humiliations à portée culturelle (avec l'idée qu'il y avait un standard culturel et même « de civilisation ») ont touché aussi bien les pays d'oïl que les autres langues régionales de Métropole, aussi bien les langues de France Métropolitaine que les langues d'Outremers colonial (puisqu' avant 1946, tout Outremer était colonial, avant la départementalisation des futurs Outremers toujours rattachés à la France).
La question coloniale et de l'esclavagisme se rajoute évidemment à cette question de linguicide.

Un même constat de diversité toujours aujourd'hui dans la France et République Française de 2016

Il existe bel et bien des statuts différents sur la laïcité avec le Concordat d'Alsace-Moselle, des statuts d'autonomie en Polynésie Française et en Nouvelle-Calédonie, des statuts territoriaux dérogatoires particuliers avec la Collectivité Territoriale de Corse et la Collectivité Territoriale de Saint-Pierre et Miquelon, des langues régionales reconnues comme co-langues d'enseignement : le tahitien, le marquisien, le paumotu (îles Tuamotu) et la mangarévien (îles Gambier) avec le français, une reconnaissance publique de l'utilisation du droit coutumier kanak en Nouvelle-Calédonie.

Bien évidemment , il demeure depuis toujours, une richesse exceptionnelle des langues régionales, des langues de France :
-langues d'oïl (j'en compte 15 : angevin, berrichon et bourbonnais, bourguignon-morvandiau, champenois, français en tant que langue régionale du Parisis c'est-a-dire Paris et le 92, 93 et 94, franc-comtois, gallo, lorrain roman, mainiot, normand et percheron, picard, poitevin-saintongeais, solognot-gâtinais-beauceron, tourangeau, wallon) ;
-autres langues régionales de Métropole : arpitan, alsacien, basque, breton, catalan, corse, langues mosellanes (luxembourgeois, palatin et triérois) , langue d'oc dans sa diversité, parlers liguriens (royasque et mentonasque);
-langues régionales des Outremers : langues amérindiennes de Guyane (6), les créoles de Guadeloupe, Guyane, Martinique et de la Réunion, les créoles à base anglo-portugaise de Guyane (5), futunien (Wallis et Futuna), hmong en Guyane, langues kanak (28), mahorais de Mayotte, malgache de Mayotte, langues polynésiennes (4) , wallisien (Wallis et Futuna).
Cela fait en tout 79 langues régionales, ce qui est un patrimoine et une richesse culturelle hors du commun !

L'acadien n'est malheureusement plus parlé à Saint-Pierre et Miquelon, ni Belle-Ile en Mer (Bretagne)


Oui les langues de France, les langues régionales, les langues des nations culturelles, historiques et linguistiques, ces 89 nations culturelles, historiques et linguistiques (en comptant les 9 autres nations de langue d'oc, autre que la nation languedocienne + la nation acadienne à Saint-Pierre et Miquelon, ainsi qu'à Belle-Ile en Mer) ont bien atteint l'Universel, aussi bien que la Nation politique et souveraine française (les Citoyennes et Citoyens français de la République Française), aussi bien que la langue française et les autres langues du monde !!

Louis Delgrès et Toussaint Louverture , de même que Solitude (et d'autres femmes anciennes esclaves) ont magnifié les peuples de nations créolophones en s'opposant à l'esclavage à la fin du XVIII° siècle et au tout début du XIX° siècle, en pleine Révolution Française qui n'a pas daigné abolir l'esclavage avant 1794 (puis rétabli en 1802 et aboli définitivement en 1848 par Louis Schölcher). Christiane Taubira nous le raconte magnifiquement dans son livre « L'esclavage raconté à ma fille » , oui Pascal Paoli , le corse a bien accepté la Constitution pour la Corse de Jean-Jacques Rousseau, le genevois , oui des milliers de Bretons, Alsaciens et Occitans,... se sont battus pour la Liberté et donc la République à Valmy en 1792,...

Il est vrai aussi que la France a annexé plusieurs Etats ou des morceaux d'Etats, qui avaient leur propre équilibre politique et leur usage de leurs langues : le royaume de Provence en 1481, le duché de Bretagne en 1532, le royaume de Basse-Navarre (dont le Béarn) en 1589 , la République de la Décapole (en Alsace, dont Strasbourg) en 1648, la Corse (Gênes) en 1768, la Savoie et le Comté de Nice (Piémont-Sardaigne) en 1860 , Tende et Brigue (Italie) en 1947, …

Ma différence majeure d'approche

Je suis Français , mais aussi Berrichon et Breton, et bien d'autres choses encore. Je parle français, berrichon et bourbonnais, anglais, allemand, espagnol et italien, je ne parle malheureusement pas breton mais je comprends assez bien la langue d'oc et le catalan, je lis un peu l'alsacien. Je suis de mes régions, je suis de France, donc citoyen français, citoyen européen et citoyen du monde, tout à la fois et sans exclusive.
Je pense que la République ne doit pas se morceler, je pense que la Liberté et l'Egalité sont notre socle révolutionnaire et républicain, je suis en faveur du fédéralisme, de l'autonomie pour tous car je suis girondin. Je souhaite bien évidemment la reconnaissance des Langues de France, par la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, ainsi que la co-officialité dans les collectivités territoriales des langues régionales. Au niveau national, de l'Etat, le français doit demeurer la seule langue officielle. Pour moi la Nation française n'est ni ethnique, ni historique, ni culturelle, ni linguistique, elle est Souveraine, c'est le Peuple Souverain français. Elle est donc politique. (Je mets un N majuscule pour souligner le caractère politique et souverain, comme on met un E majuscule à Etat et pour signifier que ce n'est pas ethnique ou historico-culturel). Ce qui n'empêche pas, par exemple le peuple et la nation corses d'exister et d'être un peuple et une nation.
L'uti possidetis juris à savoir le droit à l'intégrité territoriale pour les Etats est tout aussi important que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes en droit international, si ce n'est un peu plus dans la pratique.
Ainsi, il me semble que le chemin pour les nations minoritaires en Europe à suivre, c'est celui de la nation suédoise des îles Aland appartenant à la République de Finlande (Statut d'autonomie de 1920), celui de l'autonomie mais aussi du fédéralisme.
Je suis en outre pour un fédéralisme européen.

Comment je vois le fédéralisme français et européen
(ce qui me permet de parler d'une vision plus harmonieuse pour moi pour une vraie Réforme territoriale et non ce qui a été fait avec les restrictions budgétaires depuis les lois Raffarin de 2003, la Loi Territoriale Sarkozy de 2010 et la loi NOTRe du gouvernement Valls, votée en juillet 2015 et évidemment cela suppose qu'on ait pu faire les évolutions constitutionnelles permettant cela)

-Les communes gardent leurs compétences mais certaines (voire un certain nombre) vont fusionner
-Les communautés de communes, d'agglomération, urbaines et les Métropoles (hormis l'exception de la Métropole de Lyon à la fois «communauté urbaine et département ») sont élargies territorialement aux Pays d'aménagement (il faudra voir les modalités techniques) et prennent en plus de leurs compétences actuelles les offices HLM, la prévention de la délinquance, mais aussi pour les cinq collectivités ci-dessous, la compétence des langues régionales conjointement avec la Région.

La Collectivité Territoriale basque rassemble le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule.
La Collectivité Territoriale savoyarde rassemble les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.
La Collectivité Territoriale de Catalogne-nord correspond au département des Pyrénées-Orientales.
La Collectivité Territoriale nissarde correspond au département des Alpes-Maritimes.
La Collectivité Territoriale flamande correspond à l'arrondissement de Dunkerque (département du Nord).

LES DEPARTEMENTS SONT SUPPRIMES mais les Services Départementaux Incendie Secours (SDIS) sont maintenus en l'état.

-Les régions ne gardent pas les tracés votés lors de la loi de novembre 2014 mais deviennent des entités fédérées , prennent en charge les compétences actuelles des départements (hormis les offices HLM, la prévention de la délinquance et les SDIS), gardent en outre leurs compétences actuelles et obtiennent en outre comme compétences fédérées les compétences actuelles du Ministère de l'Economie, l'autorité sur Pôle Emploi (qui devient des Pôles Emplois régionaux), l'autorité sur tous les types de ports y compris ceux d'intérêt national, la compétence des langues régionales et la possibilité de pouvoir lever un impôt régional propre, calculé par elles

Il faut noter que les différentes collectivités territoriales ont le droit de faire d'une ou de plusieurs langues régionales des langues co-officielles à leur niveau de compétence, sans que toutefois cela donne obligation aux fonctionnaires territoriaux de devoir parler (et ou d'apprendre) telle ou telle langue régionale ou de devoir répondre obligatoirement en langue régionale quand on s'adresse à eux en langue régionale , car on a le droit de muter d'une région à une autre, sans discrimination concernant la non-connaissance d'une ou plusieurs langues régionales.

Il y a un enseignement obligatoire de langue régionale d'au moins 3h/semaine en école primaire pour les régions non concernées actuellement par l'enseignement 50/50, sans empêcher ceux qui le veulent d'aller dans les écoles publiques bilingues à parité horaire ou des écoles d'immersion (Diwan,...) reconnues publiques, gratuites, laïques et financées par les Régions. On peut suivre en option, en collège-lycée bilingue 50/50 ou en enseignement immersif, les langues régionales dans le secondaire. Ces lieux d'apprentissage bilingues 50/50 et d'immersion linguistique, de même que l'option LVR (Langue Vivante Régionale) en école classique, doivent être davantage développés et mailler le territoire.

Saint-Pierre et Miquelon reconnait et promeut l'acadien comme co-langue officielle régionale.

Les 19 régions métropolitaines fédérées (Source du fond de carte: Daniel Dalet)
[Les régions fédérées des Outremers ne sont pas représentées: Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Saint-Pierre et Miquelon]


-L'Etat garde la plupart de ses compétences sauf celle du Ministère de l'Economie mais prend la coordination des politiques économiques régionales, vérifie l'harmonisation et la péréquation pour les impôts régionaux (afin d'assurer l'égalité sur tout le Territoire)


-L'Union Européenne conserve ses compétences actuelles.


-On crée un niveau fédéral au sein de l'Union Européenne, à savoir la Fédération Européenne, qui est formé de 8 Etats (les 6 Etats fondateurs de la CEE : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas + l'Espagne et le Portugal ; cette Fédération européenne a vocation à s'étendre dans le futur, sur l'Union Européenne). La Fédération Européenne obtient les compétences suivantes : coordination des politiques économiques, coordination des politiques diplomatiques, environnement.

La Fédération Européenne a signé en outre le Traité de l'Europe sociale qui vise à l'harmonisation des lois et conditions sociales sur le mieux-disant (et jamais sur des conditions moins favorables)
et les postes politiques suivants : -le (/a) Premier(e)-Ministre européen(ne), dirigeant de la Fédération européenne préside le Gouvernement Européen formé d'un(e) Ministre européen(ne) de l'Economie et des Finances, d'un(e) Ministre européen(ne) des Affaires Etrangères et d'un(e) Ministre européen(ne) de l'Environnement. Le Gouvernement Européen travaille en concertation avec les gouvernements de la Fédération Européenne, le Premier-Ministre est issu de l'élection de l'Assemblée de la Fédération Européenne , au scrutin de listes européennes proportionnelles mixte le même jour dans les 8 pays pour un mandat de 5 ans, le (/a) Premier(e)-Ministre est responsable, de même que le Gouvernement Européen devant l'Assemblée de la Fédération européenne. On ne peut être élu (e) qu'une seule fois (mandat unique dans le temps et sans cumul) à l'Assemblée de la Fédération Européenne, de même comme Premier(e)-Ministre ou Ministres de la Fédération Européenne. Le siège du Gouvernement européen et l'Assemblée de la Fédération Européenne est à Turin, en Italie.

 La Fédération Européenne au sein de l'Union Européenne (Source du fond de carte: Daniel Dalet)
En bleu foncé: les 8 Etats membres de la Fédération Européenne et aussi membres de l'UE, en bleu clair les autres membres de l'UE, en jaune doré: le siège de la Fédération Européenne à  Turin (Italie)

mardi, janvier 05, 2016

Il y a déjà plus de sept ans... depuis un immense gâchis

Il y a plus de sept ans, à la fin novembre 2008 ... l'organisation dans laquelle j'avais porté un espoir se déchirait.
A l'époque, j'avais signé la contribution de Reconquêtes puis la motion Un Monde d'Avance, portée par le jeune Benoît Hamon, ancien dirigeant, sous Balladur, du MJS. Le Parti avait été défait, mais dans l'honneur, Ségolène avait été sa candidate, mal comprise.

https://www.youtube.com/watch?v=BDLbrqSl4o8

(Magnifique discours de Ségolène Royal, le soir du second tour des présidentielles, mai 2007)

Moi-même, à l'époque, sa stratégie de jouer l'opinion contre le parti me dérangeait. Certains de Désirs d'avenir (pas tout le monde) pouvaient avoir un style de groupies de Ségolène, et ce n'était pas (ce n'est pas) ma conception de la politique, mais c'est vrai qu'elle avait (qu'elle a) du charisme. Sa défaite m'avait déçue. Mais son sourire, face à Strauss-Kahn qui n'en pouvait plus de la voir radieuse, m'a consolé. Plus que la défaite en rase campagne de Lionel, cinq auparavant. Lui qui avait fait les 35 heures, la CMU, l'APA, le PACS, avait travaillé sur le thème du logement, ... il avait réalisé de grandes choses. Pas assez pour les électeurs, manifestement, mais probablement avait-il sous-estimé la fracture sociale et territoriale, la précarité qui ne reculait pas et avait produit une campagne désastreuse...
même que François Hollande, son conseiller et premier-secrétaire du PS depuis 1997, s'était fâché tout rouge, engueulant Lionel "parce qu'il ne fendait pas l'armure"...

Donc après avoir pu avoir l'opportunité d'aller à Reims même, de retour dans la région où j'ai débuté mon militantisme au MJS (l'Aisne), je vis le soir du second tour, le ciel prendre des tournures noires... veillant devant la télévision pour avoir les résultats du premier tour, téléphonant à des camarades pour avoir leur ressenti... pour constater que le vote était contesté, car on parlait de tricheries...

Je n'avais pas voté, car Martine Aubry, malgré toute l'admiration que j'avais pour elle, ne me disait rien
comme candidate et j'ai déjà expliqué la réserve que j'avais pour Ségolène Royal. Comme si je pressentais l'orage en préparation.

https://www.youtube.com/watch?v=pmfkYogf0Ns

(Aurélie Filipetti, soutien de Ségolène Royal, contestant la victoire de Martine Aubry au 12/13 de France 3, novembre 2008)


Cela faisait 6 ans que je militais au PS, j'ai eu envie de faire une longue pause de militantisme au PS. Je me suis investi dans le militantisme au MJS. D'abord membre de TAG (la majorité tendance socialiste démocratique), je me suis rapproché des hollandais d'ERASME, pour militer. J'ai redécouvert, celui qui avait été mon premier-secrétaire, comme blanchi par l'épreuve, ayant compris, là où il avait commis des erreurs (c'est toujours ce qu'on se dit quand on commence à soutenir quelqu'un en politique). Il a travaillé beaucoup sur la question de la fiscalité. Comme un echo de ce que disait Piketty. Je me rappelle même être allé le voir en 2010, depuis Lyon, à Limoges, traversant le Massif Central et sa Haute-Corrèze d'adoption pour une conférence de presse pour le quotidien local Le Populaire.
François Hollande était encore en retard... (son habitude). On l'a attendu deux heures, 2 ou 3 élus locaux le soutenant étaient là. J'ai discuté avec les journalistes, étonnés de voir un jeune militant venu de si loin pour écouter un ancien premier-secrétaire atteignant à peine 3% d'intentions de vote!!
Un exposé brillant, comme bien souvent avec François Hollande.

J'étais redevenu actif au PS après la veste cinglante de Martine Aubry aux européennes en mai 2009, un an et demi après la "nécessaire pause d'après Reims".

J'ai milité dans son groupe de soutien "Répondre à Gauche", j'ai pris souvent le train pour aller le voir en meeting et puis un jour de mars 2011, le 31 mars 2011, François Hollande a déclaré, enfin sa candidature (ce qui était une évidence) à la primaire socialiste pour la présidentielle

https://www.youtube.com/watch?v=rGaILXeMR6c

(Discours de candidature de François Hollande à la primaire socialiste, 31 mars 2011) 

Je me souviens des camarades du MJS, de la majorité qui me charriaient, à la Convention ouverte du MJS (les Conseils nationaux étaient ouverts aux militants sous Laurianne Deniaud), présidée par Laurianne, dirigeante d'alors du MJS : "heureusement qu'il ne s'est pas présenté un 1er avril!" mais c'était bon enfant, on s'entendait bien et quand finalement en octobre 2011, François Hollande a gagné les primaires, j'avais la conviction que sa ligne, pas si éloignée que cela que celle d'Aubry, portant une social-démocratie de type scandinave mais adaptée à la France pouvait être la solution.

J'étais là ce dimanche de janvier au Bourget en janvier 2012, mon coeur a battu fort sous les paroles enflammées du tribun socialiste, portant l'alternative (c'est ce que je croyais), avec le célèbre "Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, [...] il ne se présentera jamais sa candidature... mon adversaire c'est le monde de la finance!"

https://www.youtube.com/watch?v=bb9cKK9kn0A 

(Extrait du discours du Bourget, 23 janvier 2012)

Après la victoire claire de François Hollande face à Nicolas Sarkozy, nous avons célébré avec les camarades en liesse, le retour de la gauche, après 10 ans d'absence. C'était sûr, on allait voir ce qu'on allait voir, même si certains camarades étaient dubitatifs: "oh non, il ne va pas mettre Ayrault, premier-ministre??!" . La crise depuis 2008, ne passait pas et 2012, ainsi que 2013 furent des années difficiles pour l'économie française. Le gouvernement fraichement nommé commençait à faire couac sur couac.
Ayrault ne semblait pas annoncer le plan d'investissement de 20 milliards que j'attendais, que beaucoup d'entre nous attendaient, pour faire pendant au "redressement budgétaire" . Et toujours pas de réforme fiscale... on l'a attendue celle-là...

Entre temps, François Hollande n'avait pas renégocié le Traité de Stabilité Européen (le fameux "Merkozy") , n'a pas fait la grande réforme fiscale, arrivait l' insupportable affaire Cahuzac, la désastreuse affaire Léonarda et le jeu de méli-mélo de François Hollande entre Ayrault et Montebourg sur le sort d'Arcelor à Florange... que des réjouissances...
Jean-Marc Ayrault, dans un reportage diffusé en 2015 a expliqué comment François Hollande n'a pas été clair et aurait du ordonner à Arnaud Montebourg de ne pas faire cavalier seul, sans avoir l'aval de Jean-Marc Ayrault, son premier-ministre.

2013, c'est la première grande avancée du quinquennat de François Hollande, le Mariage pour tous, superbement défendu par la brillante et attachante Christiane Taubira (une de mes chouchous envers et contre tout !! ^^) et aussi Erwann Binet contre les très conservateurs de la Manif pour tous!!!

(mais pas d'avancées sur la PMA, la FIV pour les femmes homosexuelles,alors que c'était un engagement de François Hollande)

https://www.youtube.com/watch?v=N56EKzis1DM


(Discours final de Christiane Taubira, après le vote de la loi du Mariage pour tous, avril 2013)
 

31 décembre 2013, comme la courbe du chômage "ne s'infléchit" toujours pas, François Hollande propose son "Pacte de Responsabilité", je reste dubitatif, mais je me dis "pourquoi pas, si c'est équilibré et qu'il y a des contreparties" . Après la défaite claire et nette aux départementales, Manuel Valls devient Premier-Ministre et ...Emmanuel Macron, ministre de l'Economie... un libéral aux affaires... chic!  [ironique]

https://www.youtube.com/watch?v=qrvKeGs6neI

(Emmanuel Macron parlant des "rigidités" du monde du travail en octobre 2014)

Tout ce qu'il faut pour un gouvernement socialiste, même social-démocrate... enfin comme le CICE (aides aux entreprises) de 40 milliards est sans contreparties aucunes, on est en train de faire face à un gouvernement social-libéral, inspiré par le centre-droit et non par la Suède social-démocrate.
Martine Aubry, Anne Hidalgo, Valérie Rabault, Yann Galut,... protestent, disent qu'il faut au moins des contreparties. Et toujours près de 170.000 chômeurs de plus en 2014-2015... au total, on est à plus de 500.000 chômeurs de plus depuis mai 2012 ... on est loin des 400.000 emplois directs crées par les 35 h + les 600.000 indirects ...

si François Hollande avait écouté Thomas Piketty et Pierre Larrouturou qui propose avec Michel Rocard les 32h (que Rocard proposait du temps du PSU) , dès le début, peut-être l'amélioration aurait été plus visible, plus vivace, plus durable? 2014, autre défaite cinglante aux européennes, menée par Martin Schulz en qui je voyais un centre du SPD, mais qui pendant la Crise grecque de juillet 2015 s'est révélé tout autant ordolibéral que le CDU Wolfgang Schäuble... tu parles!

N'oublions pas la "réforme n'importe quoi" territoriale NOTRE, qui ne fait pas avancer l'autonomie des régions qui n'ont aucun budget propre et n'obtiennent pas l'emploi comme prérogatives, sans compter le découpage ubuesque qui ne consacre pas la Bretagne à 5 départements, Poitou-Charentes avec la Vendée et qui dilue l'Alsace dans le Grand-Est. Et la Charte des langues, qui n'intéresse plus tellement François Hollande (pourtant l'Engagement 56).

J'essaye quelques mois le militantisme à Nouvelle Donne courant 2014, mais cela ne me dit rien. Je me réamarre au PS en 2015 pour faire avancer la motion de la Fabrique portée par Karine Berger, Valérie Rabault, Yann Galut et Alexis Bachelay, au Congrès de Poitiers. Le score est honorable, 10%, mais le désormais premier-secrétaire Jean-Christophe Cambadélis (ah oui, j'allais oublier le congrès de Toulouse en 2012, un non-congrès avec le premier-secrétaire Harlem Désir!) n'écoute pas les recommandations de la Fabrique du PS (CICE ciblé, contreparties, réforme fiscale, transparence financière, ...) et encore moins le gouvernement de Manuel Valls. 
2015: c'est le bouquet ...,
la loi Macron adopté de force avec le 49-3 pour que Manu montre ses muscles au groupe socialiste, 
la non franchise de Marisol Touraine sur le don du sang pour les homosexuels (à qui on demande pour les homosexuels masculins une abstinence de 12 mois...) 
et la goutte d'eau qui fait déborder le vase, l'acceptation de la déchéance de nationalité pour les binationaux issus du droit du sol le 24 décembre, c'est pour moi le déni du droit du sol et de la position contre cela, prise en 2010 face à Sarkozy... tout ça face à seulement le bon résultat de la COP 21, c'est trop peu.

Donc depuis plus de sept ans, quelles leçons n'avons-nous pas retenue? (et même depuis 2002?):

-Que le socialisme scientifique est toujours  à construire et à renouveler, si on veut que le socialisme fonctionne comme changement de la société, il faut penser la mondialisation, l'Europe, l'internationalisme, contrer la dérégulation et pas juste des mots...  
-Que la V° République est malade du centralisme et de la verticalité, de la non-exemplarité, du "ne faîtes pas ce que je dis" et que nous socialistes, globalement n'en tirons pas la leçon...
-Qui'il y ait la cohérence face à des principes, mais aussi face à une réalité économique, sociale, sociologique du terrain est à prendre en compte: PME, précarité, sentiment de déclassement, fracture sociale et territoriale

Depuis 20 ans et plus, le PS n'a pas réfléchi à tout cela, on s'est laissé porter en croyant que l'élection suffit ou que le modèle industriel du XX° n'aurait besoin que de quelques rustines, au lieu de s'engager pleinement dans la social-écologie (même si la loi Royal de Transition écologique est un bon début, il faut le dire). Alors continuer au PS avec tout ça... non "partir quand même" comme disait Françoise Hardy.
  



samedi, juillet 04, 2015

Le socialisme et la social-démocratie d'Europe face à Alexis Tsipras: l'illusion du bouc-émissaire

Ces derniers jours, la Grèce, le gouvernement Tsipras et le règlement de la dette grecque sont au coeur de nos préoccupations. La suite des choses pour la Zone euro est en jeu, cela fait 6 ans que l'on traine ce problème, que l'on a sous-estimé (même Dominique Strauss-Kahn, ancien président du Fonds Monétaire International, le reconnait). Tsipras a ses torts et il a voulu montrer que son programme pouvait s'appliquer, il a utilisé l'entourage européen proche comme une forme d'exutoire, mais peut-on lui en vouloir, à lui seul?? Franchement, non. Quand Schäuble avait laissé dire, il y a quelques années que la Grèce devait vendre une partie de ses îles pour rembourser l'Allemagne, ou quand il refuse les solutions de taxes sur les armateurs,il a le don de mettre en colère le peuple grec, de gauche comme de droite. Ne nous étonnons pas si Tsipras en janvier a fait un score aussi large: il a dépassé l'étendue traditionnelle de la gauche. Certes, il a de facto remplacé le PASOK (le parti centriste, ancien parti socialiste grec, qui n'a de socialiste, désormais, que le nom; on pourrait revenir sur la décision du PASOK d'avoir formé la coalition avec la droite, après que les dirigeants l'ont forcé à démissionner de son poste de Premier-Ministre. Un putsch de velours, au passage...; le PASOK aurait du se reconstruire dans l'opposition, il n'a pas souhaité cette solution), mais Syriza a également mordu sur le centre-droite. Quand j'ai lu Martin Schulz dire dans une interview (jeudi 2 juillet 2015) qu'il préférait le gouvernement des technocrates à un gouvernement de gauche démocratiquement élu (et largement), je me dis qu'il existe désormais un fossé dans la gauche social-démocrate et socialiste européennes.
J'ai voté pour lui en 2014 et je suis déçu de son attitude. Il représentait le centre du parti, le SPD (la social-démocratie allemande), un équilibre entre les aspirations un minimum alternatives de l'aile gauche du SPD et l'aile droite (le Cercle de Seeheimer), qui n'a plus l'air d'une aile droite d'un parti social-démocrate, mais est complètement centrisée (comprenons "droitisée", car comme le disait l'ancien président François Mitterrand: "Le centre n'est ni à gauche, ni à gauche!). Sigmar Gabriel, vice-chancelier, lui aussi issu du centre du SPD, a lui même basculé du côté des gens de Seeheimer, quelques jours plus tôt (le 29 juin 2015): "Tsipras doit être stoppé!". Mais sincèrement, de quoi se mèle le gouvernement allemand, à vouloir , à nouveau débarquer le gouvernement grec??
Malheureusement, les socialistes de l'Europe centrale ne sont pas une autre position que la position du Cercle de Seeheimer du SPD. Toujours la même erreur de confondre une politique vraiment à gauche (keynésienne, interventionniste, internationaliste) et le stalinisme. Comme si la gauche ne pouvait qu'avoir le visage de la répression soviétique. Les mots de l'opposant d'Etat à la domination soviétique, ancien dirigeant communiste tchécoslovaque, Alexander Dubček, sont bien loin...
Tout le monde nous parle à l'envi depuis 25 ans de "réformer", de "réformes" (sous entendues tellement nécessaires). On l'a impression d'invoquer Luther, tellement on en parle. Mais de quoi parle t-on , au juste? Parce que le mot "réformer" est quand même galvaudé depuis une vingtaine d'années. Réformer normalement c'est améliorer, pas le sens que certain(e)s voudraient lui faire prendre: "couper parce qu'on ne peut plus faire comme ça".

En France, François Hollande n'ose pas prendre une position publique nette, hésitant entre la relation franco-allemande et la volonté de montrer un peu de compréhension face à la situation grecque et aux efforts d'Alexis Tsipras. Ces derniers jours, le président a montré que le fait de garder la Grèce dans l'euro était une priorité. Michel Sapin, ministre des Finances semble, lui plus circonspect, mais il est capable de sortir certaines inepties telles que "Je ne sais pas discuter avec quelqu'un qui dit non." (2 juillet 2015). En revanche, d'autres comme Pierre Moscovici sont clairement en soutien à la ligne allemande et en opposition à Tsipras. Les militants sociaux-démocrates canadiens et québécois (je parle bien des militants) , issu d'un pays plus libéral, que le nôtre et donc n'étant pas soupçonnés d'être gauchistes, sont en très grande majorité en compréhension avec la politique grecque, ils peuvent voir les défauts et les torts de Tsipras, mais reconnaissent que sa politique est simplement keynésienne et qu'il veut appliquer le programme, pour lequel il a été élu.
On dirait que les notions keynésiennes sont devenues des gros mots. Lundi 21 juin, Alexis Tsipras, a proposé son plan avec une hausse de la TVA et une baisse du budget du Ministère de la Défense (un tabou important en Grèce), il a été balayé le mardi 22 juin et mercredi 23 juin par le FMI et jeudi 24 par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Que dire devant une telle inflexibilité?

J'ai l'impression que ce qui est sujet de désaccord ,de plus en plus, parmi la gauche européenne, c'est que certains ne voient plus l'avancée de la marche du socialisme, le progrès, l'harmonie sociale et donc résoudre définitivement les inégalités comme la priorité absolue. Bien-sûr, il faut penser à l'économie, personne ne dit que nous sommes dans un bocal. Bien-sûr, il y a des choses à améliorer ou à faire. La flexisécurité à la scandinave (avec une vraie sécurité, s'entend= maintien de salaire de l'ancien poste et formations de qualité assurées), par exemple. Mais j'ai l'impression de plus en plus qu'une partie de la gauche vit dans l'illusion qu'il suffit d'imiter la Bourgeoisie et y mettre une petite touche sociale, que cela suffira. Non, cela ne suffira pas. Le Monde est à changer, c'est une vaste et dure tâche, mais on ne peut se contenter du Monde tel qu'il est. Même s'il faut le comprendre, dans ce qu'il est actuellement, pour mieux apporter des solutions vraiment alternatives. Créer une nouvelle économie, ni collectiviste, ni capitaliste. Y a t-il une identification de Tsipras et de Syriza à l'erreur de Lénine ou l'impasse de Rosa Luxemburg, donc à des révolutionnaires? On dirait bien que certains sociaux-démocrates , ont dans leur esprit, le déroulement de l'enjeu de "la civilisation marchande" face à "l'inconnu d'une gauche affirmée", comme s'ils n'étaient plus habitués à manipuler les concepts d'interventionnisme étatique, de primauté de la question sociale et du rapport de forces entre possédants ou puissants et la masse populaire. A tel point qu'une minorité, mais une minorité influente tend à remettre en cause la notion d'arbitrage populaire et démocratique sur ce genre de questions cruciales.
Le FMI peut être bien-sûr un partenaire, mais s'il vient à vouloir contrer à tout prix, toute velléité de politique de mieux-disant social et de recherche de l'Harmonie sociale (au sens de la société idéale socialement), c'est un adversaire. La Bourgeoisie, dirait-on.

Une autre économie de marché responsabilisée semble désormais indispensable, afin de réaliser cette véritable "3e voie" ni communiste et ni capitaliste. L'interventionnisme d'Etat s'il est correct et équilibré est une bonne chose pour l'économie. L'Etat impulse aussi la dynamique d'investissements. Donc il faut aussi une vraie régulation, vraiment séparer banques de dépôt et banques spéculatives (comme l'avait fait Roosevelt), une transparence des flux financiers et donner les moyens aux Etats d'être fort dans leurs investissements= des prêts à taux zéro délivrés par la BCE (et bien-sûr ne pas jeter l'argent par les fenêtres et faire attention).
Parce que n'oublions jamais que le socialisme c'est vouloir garder la volonté de vouloir un Autre Monde, de vouloir changer le Monde, dans ses inégalités, son injustice structurelles. Et de ne jamais s'en départir.

mardi, juin 23, 2015

Proposal for a 'New South' flag (USA)

After the terrorist slaughter of Charleston, we all arrive to the conclusion that the Confederate flag can not anymore represent the 'Old South', as first the CSA were based on the acceptation of Slavery and then because this Rebel State has been created on the idea of Treason of the United States of America and separatism.

Nevertheless, yes there is one Southern identity, and it is normal that there is one. But this is not just WASP identity, but for sure also African American one, Amerindian one, Creole one (mixing of all) and with other influences (Spanish one, all the migrant cultures,...).

So one gathering symbol is needed. Which one? Cotton flower , of course! And one approach: Peace, Love and gathering, so with the help of Peace and Love Symbol.
Colours? Simple: the traditional one of the USA, blue, red and white which are from the British Union Jack, plus black for African American and green for others and Nature.

This is the 'New South flag':


vendredi, avril 24, 2015

Pourquoi je soutiens "La Fabrique socialiste", la motion D au Congrès PS de Poitiers?

J'ai soutenu François Hollande depuis la fin 2009 et je ne le regrette pas. Il était pour moi le seul capable de gagner l'élection présidentielle à l'époque, de battre Nicolas Sarkozy. Car je ferai toujours ce choix: plutôt la gauche que la droite, même si elle me déçoit, car la droite ne me déçoit pas, elle ne convient juste pas (même s'il y a des personnes de bonne intelligence à droite, la droite est plus libérale, plus néoconservatrice et moins écologiste que la gauche).
C'est vrai, depuis 2013, je suis quand même déçu du premier mi-bilan gouvernemental, à part le mariage pour tous et la consolidation de l'école (formation de l'ESPE, davantage de postes au concours), je ne vois que peu de résultats et d'avancées majeurs.
Je ne jette évidemment pas le bébé avec l'eau du bain, le CICE n'est pas une mauvaise idée, encore faut-il le cibler sur les PME, parce que ce sont elles qui vont créer des emplois en priorité, quand elles auront de la trésorerie et que le marché va reprendre. La conjoncture économique est vraiment compliquée, alors que depuis 1,5 an, l'économie mondiale reprend, le gouvernement, vues les difficultés de la France a du mal à redonner du souffle aux structures de l'économie française (ce qui se comprend). A noter que Lionel Jospin avec les 35h a su faire fructifier les 2% de croissance mondiale en 4% de croissance française. Il fallait certainement travailler sur l'offre. Il fallait aussi investir, tout en faisant attention (relativement) au déficit.
En clair, nous pouvons jouer sur 10 à 15 milliards d'euros (pas plus) pour faire nos choix d'investissements.

Et donc depuis 2013, je suis en introspection, je me demande comment on pourrait changer le logiciel poussiéreux du PS des années 80 toujours ou presque à l'aiguille coincée sur le Tournant de la rigueur de 1983 (sauf sous la bonne parenthèse Jospin et de la Gauche plurielle) et le fait que la Bataille culturelle de l'Ecole de Chicago (Hayek, Thatcher, Reagan...) aurait gagnée sur celle de Keynes et de la Société de Transformation sociale (véritable troisième voie entre le social-libéralisme et le dirigisme étatique à la communiste). Non bien-sûr que non que la Bataille culturelle n'est jamais perdue, c'est un combat de tous les jours, à renouveler à chaque génération. Comme on renouvelle le combat pour la République, la Liberté, l'Egalité, la Solidarité et la Laïcité! Je connais Yann (Galut) depuis plusieurs années, je le suivais de loin depuis son premier mandat de député de 1997 à 2002, sous Jospin d'ailleurs. On s'est rencontré au cours du Débat pour le Programme socialiste et j'apprécie son franc parler, son volontarisme et son attachement aux valeurs de gauche (la liberté+ l'égalité côté à côte, l'importance de l'école, le service public de santé pour tous, la lutte contre toutes les discriminations, le droit des territoires ruraux au dynamisme, la nécessité de porter un discours de justice sociale et fiscale dans le débat socio-économique). J'ai vraiment apprécié quand Yann a pointé du doigt l'immensité de la fraude fiscale à l'étranger,...
De fil en aiguille Yann discutant avec tout le monde qui veut prendre part au débat, a rencontré Alexis (Bachelay) puis Patricia (Schillinger) qui ont fondé La Gauche forte, puis enfin Karine (Berger) et Valérie (Rabault) qui ont fondé avec Yann et Alexis "Cohérence socialiste" .
Alexis a toujours mis l'accent, entre autres, sur l'égalité entre les territoires, qui assure la notre cohésion (et donc résout le problème de la "fracture territoriale").
J'ai entendu parler de Karine et de Valérie, la première fois, à l'occasion de la sortie de leur livre "Les Trente Glorieuses sont devant nous", démontrant que le keynésianisme volontariste était encore possible dans l'économie mondialisée des années 2010 en France, en Europe et partout dans le monde. Karine et Valérie sont elles-mêmes devenues députées, tout comme Yann et Alexis et ont mis en avant la nécessité de dégager une marge de manoeuvre financière, malgré tout, malgré la nécessité de faire attention au déficit. Karine , tout comme Valérie ont montré que le CICE était mal ficelé et mal ciblé. Karine a travaillé sur la Loi bancaire et Valérie, une fois que Christian Eckert est devenu secrétaire au budget, a été investie de la présidence de la Commission des finances à l'Assemblée.
Nos quatre députés ont soulevé des débats importants et ils ont réussi à rassembler des anciens soutiens d'Arnaud Montebourg, tel qu'Arnaud Leroy et une ancienne ministre, proche de Ségolène Royal, Dominique Bertinotti lors de la constitution de la motion D: "La Fabrique socialiste" pour le Congrès PS de Poitiers (2015).
Je soutiens la motion "La Fabrique":
-parce que je suis pour une politique de l'investissement, en même temps que celle de l'offre
-parce que c'est une motion qui porte haut, à travers ses porte-paroles la rénovation des institutions insistant sur le débat parlementaire (parlementarisme) et affirmant le non-cumul des mandats
-parce que le keynésianisme est bien notre bataille culturelle
-parce que l'écologisme pour vrai (transition écologique) doit être notre nouveau logiciel économique
-parce que nous n'avons pas peur des valeurs de gauche: le socialisme et la social-démocratie de gauche (comme l'aile gauche du Parti social-démocrate suédois, par exemple)
-parce que nous souhaitons enfin et sincèrement une organisation plus horizontale au PS, qui se sert des forces militantes et des élus pour forger nos idées (et non des références à Thatcher,...)
-parce que finalement le centre du Parti, à la fois social et bien à gauche et en même temps conscient des réalités du monde a toujours été le coeur du Parti (et non le social-libéralisme ou le "y a qu'à")

JE SOUTIENS LA MOTION D, POUR UNE SOCIETE DE TRANSFORMATION, POUR UN SOCIALISME ECOLOGISTE!


jeudi, novembre 13, 2014

Proposition pour un drapeau de Gascogne

C'est un fait, l'Auvergne a l'étendard de Saint-Géraud, le Languedoc a la croix toulousaine, la Provence et la Catalogne les bandes rouges et or, la Bretagne l'hermine, la Corse la tête de Maure et l'Alsace le Rot und Wiss, mais la Gascogne n'a pas de symbole marquant, alors que la Gascogne est une partie majeure des régions d'oc, avec une identité particulière.
Aucun symbole proprement gascon, alors que les autres grands ensembles d'Oc (Languedoc , Provence, Auvergne) en ont un.

Les Gascons parlent une langue romane, le gascon d'oc avec des formes particulières comme le béarnais, le parlar negue, le parlar clar, ... Ils descendent du peuple vascon, qui correspondait à l'extension maximale du peuple basque. Leur territoire, au V° siècle correspondait au duché de Novempopulanie, puis au duché de Gascogne au IX° siècle
et a ensuite été très disputé entre Français et Anglais ... jusqu'en 1453.

Il y a eu le royaume de Navarre puis de Basse-Navarre qui a marqué le sud gascon, avec la famille royale d'Albret dont descend Henri IV. La Gascogne a tout pour montrer au monde une histoire très riche et très intéressante.

Je fais donc une proposition afin de donner à la Gascogne, un drapeau iconique pour montrer à nouveau l'intérêt de cette culture et cette région.
Ce drapeau qui symbolise l'image d'un "Pays basque roman" (ainsi que les couleurs gasconnes et le symbole gascon de la croix de Saint-André) s'appelle "Lou Senhau": le Signal, parce que c'est un signe de ralliement et parce qu'on le remarque tel un signal montagneux (un pic qui sert de repère).



vendredi, octobre 31, 2014

Ma contribution aux Etats généraux du Parti socialiste, "La sociéquité" (Catégorie émancipation et progrès)

"La sociéquité"

Après 25 ans de sommeil intellectuel, le PS, parti historique de l'unification ouvrière et premier parti de la gauche doit reprendre le flambeau de l'idée de société alternative.
La chute du système communiste en 1989, nous a fait croire que seule la "société de marché" avait gagné, alors que Lionel Jospin l'avait dénoncée. La notion de sociéquité s'inspire du courant nord-américain, "la nouvelle nouvelle gauche", elle est fondée sur le respect prioritaire de la "common decency".
Ce mot valise fait de social et d'équité est un véritable projet de civilisation qui n'est pas dans l'esprit de résignation. Loin du "TINA" (There Is No Alternative), il lui préfère TARA (There Are Real Alternatives). C'est un retour au socialisme véritable (associationniste) et cela correspond à l'esprit de cette "nouvelle nouvelle gauche". La sociéquité affirme qu'une dose d'utopie est nécessaire et ne cède pas à un gestionnarisme plat et insipide. Quid de la différence avec les autres partis, alors? On fait bien de la politique, en n'oubliant pas ses valeurs, en sachant qui l'on est et où l'on va. La sociéquité s'oppose au 1% qui possède le plus de richesse accumulée, mais n'oppose personne. Aussi le/la employé(e), chômeur(-se), retraité(e), entrepreneur(e) y est convié. Simplement, le projet sociéquitable refuse une mainmise socio-économique ainsi que culturelle d'une infime minorité et parie sur la responsabilité et la solidarité de CHACUN.
La sociéquité rappelle qu'en Europe, notre modèle c'est le modèle franco-rhénan, l'Abolition des Privilèges, mais aussi l'Arrêt de la Cour d'Empire en Saxe en 1783 qui rappelle que la grande priorité n'a pas à écraser la petite propriété. A nous de revisiter la co-gestion. Sociéquité est synonyme d'un compromis équitable et acceptable.

Six points structurent le projet sociéquitable:
-la Démocratie d'Atelier défendue et mise en place par les syndicats sociéquitables (CFDT, UNSA)
-la logique de circuits courts et du Commerce équitable avec une Charte équitable à toutes les échelles géographiques
-Les entreprises coopératives et fédérations coopératives promues et défendues par un gouvernement de gauche
-La social-écologie comme tamis axiomatique de chaque politique
-Une démocratie rénovée où la démocratie participative a toute sa place, car les citoyens sont aussi experts
-Un parti sociéquitable: le PS qui devient une organisation horizontale, un parti numérique, faisant de la place aux classes populaires et moyennes, acceptant d'accélérer le turnover politique, formant chaque militant prêt à s'engager dans les affaires publiques